Pinocchio : Puppet Maestro

Le nouveau film de Matteo Garrone a rejoint la longue liste des films destinés pour les salles obscures qui bifurquent vers la vidéo à la demande. Sorti hier sur Amazon Prime, la nouvelle adaptation du conte Pinocchio va enfin pouvoir rencontrer son public. De loin l’oeuvre la plus accessible de Garrone, qui surprend par autant d’appel à l’émerveillement.

Des adaptations de Pinocchio, il y en a eu à la pelle. On pense évidemment au mythique film de Walt Disney, mais aussi à la réalisation de Roberto Benigni ou bien le cinéma d’horreur avec La Revanche de Pinocchio. On se doit de se poser la question avant de se lancer à nouveau dans l’histoire du pantin qui veut être un véritable petit garçon : qu’est-ce que Garrone va apporter de plus ? 

Car c’est de ça dont il est toujours question chez Garrone, la quête d’un idéal beau qui se fait tabasser par la laideur du monde. La balade initiatique de Pinocchio est donc parfaite à raconter pour le cinéaste.

Son cinéma avait déjà rencontré le conte dans le calamiteux Tale of Tales, sorti il y a cinq ans. Au casting international, ce recueil d’histoires ennuyait par le perfectionnisme d’une caméra qui se refusait à l’émerveillement et l’horreur de ce à quoi on assistait. Car c’est de ça dont il est toujours question chez Garrone, la quête d’un idéal beau qui se fait tabasser par la laideur du monde. La balade initiatique de Pinocchio est donc parfaite à raconter pour le cinéaste. L’enfant-marionnette, dans cette histoire, cherche à devenir quelqu’un au risque de rencontrer des présences dangereuses. Le réalisateur, dans l’écriture, applique parfaitement à la lettre l’histoire de Carlo Collodi. Et afin d’éviter une adaptation trop littéraire, il offre par le cinéma une nouvelle façon de voir ce conte, avec merveille et épouvante.

Garrone réussi à incarner l’esprit du conte. Il retranscrit prodigieusement toute l’horreur qu’un tel récit peut avoir. Les enfants se souviendront longtemps de la transformation des enfants en ânes. Mais il n’oublie pas qu’il s’adresse maintenant à un jeune public et privilégie le lyrisme pour enseigner la morale de cette histoire. Cette émotion, on la retrouve aussi dans le rôle de Gepetto, joué avec brio par un Roberto Begnini poignant. La relation qu’il noue avec le pantin est l’un des arcs privilégiés par le film, ce qui permet de contribuer à la quête d’émancipation de notre héros.

Une adaptation merveilleuse
Notre nez s'allongerait si on vous disait que le film n'a aucun temps mort. Affaibli par quelques longueurs, dûes au côté trop "littéraire" de l'oeuvre, cette adaptation saura ravir les petits et les grands. Truffé de surprises visuelles et de drôles de personnages, ce "Pinocchio" est une aventure baroque comme on en a peu vu récemment.
3.5

Bande-annonce :

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart