Marre-athon 2018

Marre-athon #3 : fin des classes et complexe du Messie

Rendez-vous annuel immanquable pour Good Taste Police, le marre-athon vient de clore sa 3ème édition ! On vous explique le principe : plusieurs blogueurs, plusieurs films supposément mauvais / nuls / trop cons pour être regardés sobre, une journée intense. Cette année, on a un peu triché : plutôt que d’aller voir trois films, nous nous sommes contentés de deux. Une simple question de calendrier. En 2016, nous avions découvert xXx 3, Resident Evil – Le chapitre final et The Boyfriend. En 2017, c’est Baywatch, le Manoir et Bad Buzz. Si vous souhaitez (re)lire les bilans de ces éditions, nous vous invitons à cliquer ici et .

Cette année, nous avons retenu deux films au potentiel inquantifiable : L’école est finie et Christ(off). Pour dire de ne pas vous assommer, nous allons diviser cet article en deux, parce qu’il y a deux films : Alexandre vous parlera de L’école est finie et Victor traitera quant à lui de Christ(off).

La critique de L’école est finie par Alexandre

L'école est finie, la critiqueCe nouveau film de Anne Depetrini parle d’un sujet inédit dans le cinéma français, et rien que pour ça, il mérite d’être salué : l’exode d’une parisienne vers la province. C’est du jamais vu, et surtout ça permet au film d’offrir des blagues que l’on a peu habitude de voir au cinéma, comme des gags qui impliquent les bouseux, le portable, la difficulté d’adaptation. Une bonne bouffée d’air frais quoi !

Plus sérieusement, si Victor s’est poliment ennuyé devant le film, je me suis profondément emmerdé. Le fait est que L’école est finie est une sorte de Entre les murs complètement raté. Rien n’est drôle, tous les clichés y passent, les personnages sont insupportablement cons et c’est aussi bien filmé que le 19/20 de France 3 Picardie. Bérengère Krief continue de s’enfoncer dans les abysses de la comédie « populaire » (avec d’énormes guillemets) française en compagnie de Marilou Berry, deux actrices qui ne cessent de surprendre par la médiocrité de leurs choix de carrière.

Le film se permet même de dériver de temps en temps de ses ambitions comiques initiales pour nous jouer du violon (ou du piano dans le cas présent) et prouver que les personnages ne sont pas tous à jeter. Sauf qu’on a déjà déchanté depuis une heure et que la seule chose qui motive à continuer le film, c’est de voir le générique approcher. C’est la définition officieuse de l’Enfer, croyez-moi.

Pas assez nul pour faire rire mais trop pour n’en sauver ne serait-ce qu’une seconde, L’école est finie ne ressemble à rien. C’est une bouillie de thèmes torchés avec le cul, juste bonne à remplir le calendrier des salles sans même espérer pouvoir en tirer un peu de pognon.

La critique de Christ(off) par Victor

Christ(off), la critiqueAprès l’ennui procuré par L’école est finie, découvrir Christ(off) a été comme une bonne pause récré après un cours de S.V.T. soporifique. Cette séance s’est jouée à pile ou face pour nous. Pile, on se retrouvait devant une farce potache typique d’une comédie de Michaël Youn (ce qui n’est pas pour nous déplaire ; faisant tous deux partie des admirateurs de Fatal). Ou face, devant l’éternel prototype des comédies estampillés La bande à fifi (premier film de Pierre Dudan, scénariste des Babysitting et Alibi.com ; film co-scénarisé par Julien Arutti et Philippe Lacheau), à savoir avec beaucoup de people, de bling-bling et de gags visuels au service d’un scénario antipathique. Les lumières s’éteignent, la pièce est lancée et il s’avère qu’elle est tombée sur pile !

On ne va pas se mentir, on retrouve les éternels défauts de ces productions : les copains des acteurs viennent dire bonjour au service de rien (le plus ahurissant concerne la non-résolution du plot impliquant le personnage de Joey Starr), c’est faible techniquement parlant (ne pas confondre budget économique et budget fauché…) et certains gags en-dessous de la ceinture gênent. Néanmoins, il faut tout de même le reconnaître, Michaël Youn réussit à porter le film. En jouant cette variante « rockstar » de Jésus (Chris vient d’un village se terminant par Nazareth, donne soudainement du vin au lieu d’eau à son groupe, a les cheveux longs et devient aimé par tous en propageant ses paroles…), le comédien s’éclate dans ce rôle et on doit avouer qu’en tant que fan de l’époque Morning Live, ça fait tout de même plaisir de le voir à nouveau sur le devant de la scène. Le reste du casting aussi marche du tonnerre : Lucien Jean-Baptiste complète bien le duo formé avec Youn tandis que Jarry, Bernard Le Coq et Victoria Bedos jouent des seconds couteaux attachants et rendant le groupe vivant.

L’humour burlesque et gras de l’équipe Lacheau s’allie donc convenablement à celui de Youn. Le film lorgne vers une production Farrely dans son avalanche de gags, voire des premiers films qui ont fait le succès de Youn au cinéma. C’est bête et gratuit mais au final, on se retrouve davantage vers un délire inoffensif qu’on regarde avec régression et amusement plutôt qu’une éternelle comédie problématique portée par Kev Adams ou Christian Clavier. On reconnaît les défauts évidents du film mais en mettant notre cerveau sur Off, la séance devient plus légère et amusante. Ce n’est clairement pas la comédie de l’année mais de temps en temps, une potacherie sans prétention au cinéma, ça fait du bien !


Vous l’aurez compris, ce Marre-athon 2018 fut plutôt sage. Habituellement, on se farcit deux fois plus de L’école est finie. Là, Michaël Youn sauve un peu l’honneur (mais vraiment un peu) en nous sortant des pitreries bien à lui. Rendez-vous en 2019 ?

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