Les héros des Nouveaux Mutants réunis

Les Nouveaux Mutants : The Creepypasta Club

À ce stade, on peut bel et bien affirmer que c’est une malédiction qui prend fin ! À force de décalages maladives, ce qui était devenu un objet de raillerie permanent s’est finalement décidé à se présenter sur grand écran. Qu’en est-il alors de ces Nouveaux Mutants ? Ce que l’on peut dire dès à présent, c’est qu’il était peut-être pas judicieux de sortir un pilote de ce qui ressemble au final à une vulgaire série pour ados destinée à une plate-forme…

S’élancer dans le tout ça pour ça pour parler de notre déception face au Nouveaux Mutants serait peut-être exagéré. Après tout, l’idée d’avoir un chef d’oeuvre révolutionnant le genre du super-héros par celui qui avait commis Nos Étoiles Contraires relevait de l’utopie. Néanmoins, autant d’attentes procuraient nécessairement à voir quelque chose d’inoubliable, de bonne ou de mauvaise qualité. Il était sûr d’une chose : la version qu’on verrait ne serait clairement pas issu des réelles intentions de son réalisateur. Une affirmation confirmée par son résultat final : un gloubiboulga indigeste des tendances actuelles en termes de fantastique pour un produit digne d’une mauvaise série Netflix (pour ne pas dire, CW…).

Dans un sens, le film part d’une très bonne intention : celle de réactualiser pour un public jeune la nature même de ce qui faisait l’essence des X-Men. Hélas, cet attrait commun pour s’adresser à un nouveau public est devenu un véritable bras de fer entre la Fox, Disney et Josh Boone pour trouver une manière de le faire.

Si on vous raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents, composé d’un nerd, d’un beau-gosse, d’une basket-case et d’un loubard ; vous me répondrez automatiquement Breakfast Club. Et vous auriez raison ! Mais dire Les Nouveaux Mutants ne serait pas une mauvaise réponse pour autant. Hautement inspiré par ce qui est considéré comme un classique intemporel de John Hughes (là où l’auteur de cet article rectifiera que c’est un pilier daté et à tort du teen-movie américain), Josh Boone essaie tant bien que mal de se réapproprier à sa manière la trame narrative du film (à savoir un huis-clos où plusieurs adolescents livrent mutuellement leurs tourments). La découverte de pouvoirs chez les adolescents mutants, ce que l’on a pu voir un nombre incalculable dans les films X-Men (il suffit de voir la dernière trilogie), avait de quoi titiller notre curiosité par son rendu très contemporain. Il sera donc questions d’homosexualité, de MST, de maladies mentales et de violence. Dans un sens, le film part d’une très bonne intention : celle de réactualiser pour un public jeune la nature même de ce qui faisait l’essence des X-Men. Hélas, cet attrait commun pour s’adresser à un nouveau public est devenu un véritable bras de fer entre la Fox, Disney et Josh Boone pour trouver une manière de le faire. Et c’est là que le film bascule vers l’indifférence la plus triste.

D’un côté ; une volonté indéniable d’utiliser le genre de l’épouvante pour traiter des peurs adolescentes. De l’autre, une détermination pure et dure à plagier sans vergogne les récents succès de l’horreur (des succès commerciaux générique qui surfaient sur la vague des 80’s, qui plus est). Un recyclage si forcé qu’il en rend lisse tout son potentiel psychologique et horrifique qui aurait pu fonctionner à merveille pour un film pareil. Aussitôt vu, aussitôt oublié donc, l’attente qu’il y aura eu autour de cette production aura été ingratement récompensé par un résultat profondément édulcoré. La subversion, qui aurait approuvé par son ton le chemin de ses personnages effrayés par le regard des autres, s’efface pour un produit calibré par Disney. L’horreur n’est là que pour un jumpscare que l’on retrouverait sur TikTok, à grand coup de légendes CreepyPasta tels que le Slenderman. Il n’y a rien d’effrayant, au final, qui relève de ce film. Si ce n’est de voir un produit original une fois de plus écrasé par Disney. Une preuve de plus qui s’est rajouté à la sortie du film : Bob McLeod, co-créateur du comics original, regrettant profondément à travers une publication Facebook que l’un de ses personnages fût whitewashé au casting et que les différences de ses personnages appliquée au dessin furent effacés.

Les héros des Nouveaux Mutants réunis
Un essai raté
Malgré des personnages profondément attachants (ce qui confirme, ainsi, que le film méritait un meilleur traitement), la subversion promise par les Nouveaux Mutants n’atteint simplement qu’un stade conformisme des plus indifférents. Un produit sans impact, sans but, qui fût balayé immédiatement dès sa sortie inaperçue.
1.5

Bande-annonce

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