Les faussaires de Manhattan, la critique

Marielle Heller nous plonge dans un réjouissant paradoxe : Si le film est intitulé Les Faussaires de Manhattan pour sa sortie française, il s’avère cependant être l’une des productions les plus sincères qu’on ait vu en ce mois de Juillet avare en sorties mémorables. Cette adaptation cinématographique de l’autobiographie de Lee Israel ouvre les portes vers un cinéma américain classique comme on en fait plus.

Il y a ce sentiment assez merveilleux qui est réapparu pendant la projection. C’est ce moment quand on entre dans une salle de cinéma, sans savoir quoi attendre véritablement du film que tu t’apprêtes à voir. Pour celui-ci, il y a eu vent des critiques positives, des nominations aux Oscars pour les deux acteurs principaux et une bande-annonce vue en salles quelques jours auparavant. On s’installe donc sur son fauteuil et la magie s’ensuit, on est immédiatement happé par le charme du film. Raconté comme ça, ça peut très probablement sembler naïf à dire mais il n’y a pas de toute : Les Faussaires de Manhattan possède un charme indéniable.

Le duo formé par Melissa MacCarthy et Richard E.Grant est irrésistible.

Dans une atmosphère jazzy dans le New-York des années 90, on suit deux misfits de la société américaine : L’héroïne, Lee, est écrivaine de biographies à la dérive. Tout juste licenciée, elle fait la rencontre d’une vielle connaissance, Jack, gentleman sans-abri et dealer. Ensemble, ils vont mener une arnaque basée sur la rédaction mensongère de correspondances entre personnalités célèbres. Simple à suivre comme une lettre à la poste, l’attachement à ce duo rend d’autant plus tragique la spirale infernale auquel ces deux anti-héros s’apprêtent à tomber. Sans oublier une pointe de rédemption, tout de même, le film passe de simple biopic à un thriller sentimental habile et émouvant. L’interprétation des deux comédiens principaux renforcent cet aspect palpitant. Aidés d’un jeu très naturel, opposant leurs jurons et leurs nonchalances à la lumière jaunâtre et classieuse des rues chics de New-York, le duo formé par Melissa MacCarthy et Richard E. Grant est irrésistible.

On a très envie de découvrir le prochain biopic de Heller, consacrée à la figure adorée de Mister Rogers avec Tom Hanks dans le rôle, quand on voit l'élégance inégalable de ces Faussaires. Charmant et modeste, ce film rappelle que le classicisme hollywoodien n'a donc rien perdu de sa superbe.
4
Sincère
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