Late Night, la critique

Vous vous êtes déjà demandé ce qui se tramait derrière les coulisses d’une vidéo où Jimmy Fallon fait le zouave en compagnie de Tom Cruise ou Emma Stone ? Dans le sympathique Late Night, Nisha Ganatra et Mindy Kaling nous font découvrir les rouages d’une culture bien ancrée chez les américains avec une touche d’empowerment féministe.

Late Night ne réinvente rien. Soyons clairs là-dessus. On a déjà vu ce genre de film un nombre incalculable de fois sur tous les écrans. Difficile de ne pas repenser au Diable s’habille en Prada, par exemple, sauf que le monde de la mode est remplacé ici par celui de la télévision et du stand-up. Il n’empêche que ce film, côtoyant de très près l’autobiographique puisque ramenant aux débuts de carrière de Mindy Kaling, charme par sa modestie et son envie d’aller droit au but.

Rien n’apparaît comme subtil, les vannes à base de name-dropping fusent à tout va et les situations sont prévisibles. L’industrie du divertissement est dépeinte avec de grosses ficelles, n’hésitant pas à rappeler autres scandales et incidents comme celui arrivé à David Letterman, entre autres. Il n’empêche que ça marche. On s’accroche avec le personnage joué par Kaling dans sa persévérance, face à une redoutable mais héroïque patronne interprétée magistralement par Emma Thompson. Franchement, qu’attend Netflix pour donner un Comedy Special à la comédienne ? Le discours féministe, à l’ère hashtag MeToo, rend la lecture de ce film plus résonnant dans l’actualité. A une heure où certains humoristes font des come-backs après des scandales scabreux, la rage d’Emma Thompson face à un comédien populaire mais vulgaire s’avère salvatrice.

Pertinent
Ancré dans son époque, "Late Night" réussit à nous charmer par la simplicité de son écriture. Ne réinventant pas la satire, il nous emmène de manière ludique dans les coulisses d'un monde que l'on connaît que devant les écrans.
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