Jurassic World 2, musique de Michael Giacchino

Jurassic World et l’art de tout foutre en l’air : le cas Giacchino

On pourrait reprocher de nombreuses choses au Jurassic World : Fallen Kingdom de Juan Antonio Bayona, mais certainement pas sa capacité à remettre constamment en question son héritage. Là où Colin Trevorrow avançait prudemment en terrain connu, soucieux de ne pas froisser les fans au point de verser dans la redite pure et dure, le réalisateur espagnol a totalement changé la donne, entamant une joyeuse déconstruction de l’univers sur plus de deux heures. Chez Good Taste Police, cette audace nous a parlé, parmi tant d’autres choses, dont une BO épique à souhait du génial Michael Giacchino, compositeur des récents la Planète des Singes : Suprématie (notre coup de cœur 2017) et de Coco de Pixar.

C’est justement en repensant à un passage du film que j’ai souhaité redécouvrir la bande originale de l’artiste américain. Vous savez, ce passage digne des vieux films de monstres d’Universal (ou de n’importe quel film de loup-garou), où le dinosaure « antagoniste » se retrouve perché sur les tuiles du manoir, devant une pleine lune flamboyante. Pour cette séquence, Giacchino a déployé tout son arsenal, y compris une nuée de chœurs pour appuyer sur la dimension gothique du passage. Il s’agit probablement du morceau le plus abouti de la BO de Jurassic World : Fallen Kingdom. Vous souhaitez connaître son nom ?

« World’s Worst Bedtime Storyteller ».

Non, ce n’est pas une plaisanterie. A l’heure où les films se veulent toujours plus sombres, sérieux et limite bougons, Michael Giacchino choisit de titrer son meilleur morceau avec un sarcasme. Et ce n’est pas tout ! Un rapide coup d’œil aux autres morceaux montre qu’ils sont titrés de la même manière : avec fun. Comme pour accompagner de manière logique et cohérente ces montagnes russes nanardesques proposées par Bayona.

On peut y trouve entre autres « Lava Land » (référence évidente à La La Land), « Raiders of the Lost Isla Nublar« , « Jurassic Pillow Talk » ou encore « Nostalgia-Saurus« . C’est très bête, et en même temps complètement génial. Parce que tous ces titres et leur absurdité reflètent parfaitement la volonté d’un film de s’écarter au mieux des attentes qu’on peut en avoir. Ils viennent consolider cette assomption des aspects les plus « série B » de la saga, jusque là mis de côté au profit d’un premier degré handicapant.

Vous vous doutez bien que découvrir ces titres n’a fait que renforcer l’amour que je porte pour cette réinvention quasi-totale de la saga, l’habileté de son réalisateur et la malice de son compositeur. Jurassic Park est mort, vive Jurassic World !

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