Inséparables, la critique

Varante Soudjian a créé la surprise dans la comédie populaire made in France avec Walter. Sorti en début d’année, ce premier film jonglant entre farce potache et Piège de Cristal avait rencontrer un petit succès au box-office. Quelques mois sont passés, le réalisateur réinvestit le cinéma d’action américain pour une tentative de buddy-movie poussive. Heureusement, notre sympathie reste inséparable de la bonhommie d’Alban Ivanov.

On le comprend très vite que Soudijan a ingéré une quantité infinie de grands spectacles américains dopés à la testostérone. Walter, sous couvert d’un humour gras, faisait d’un super-marché un champ parfait pour le home-invasion. On sent évidemment l’inspiration à McTiernan, ainsi qu’à Guy Ritchie pour le côté bras cassé de ses personnages. Pour son deuxième film, son inspiration semble puiser vers le buddy-movie, ce sous-genre très populaire où deux personnages que tout oppose physiquement et humainement vont devoir s’unir. Ici, cette mécanique se présente très rapidement : Il y a d’abord Mickael, joué par Ahmed Sylla, arnaqueur chétif et égoïste. Et puis, il y a Poutine. Détenu fasciné par la culture russe campé par Alban Ivanov, solitaire et violent mais pourtant dévoué à l’amitié et la politesse. C’est à la perception que chacun de ces deux bras cassés a de l’amitié que le comique va se jouer ici. Sans le côté punchy du genre.

Alban Ivanov

Car non seulement le film va être envahi de quiproquos dignes d’un mauvais théâtre de boulevard mais il parvient très vite à susciter le malaise à force de voir Ivanov, affectueux mais déconnecté du monde réel se faire malmener sans le savoir par son partenaire. Ce mécanisme dévitalise très vite le potentiel du film, n’ayant alors droit qu’à une pauvre scène d’action en toute fin de parcours. Le réalisateur semble nous préciser tout le long qu’il ne sait pas sur quel pied danser. Doit-il passer par la case cinéma d’action ou alors s’enfermer dans les discussions ennuyeuses avec une belle-famille bourgeoise pour les préparations d’un mariage ? Intrigue superflue, juste prétexte à développer la quête de rédemption du personnage joué par Sylla, qu’on préférera oublier devant la force comique d’Ivanov. Aperçu cette année dans Walter et La Vie Scolaire, chacune de ses apparitions fait mouche à l’écran. Il suffit de le voir s’énerver contre des canards pour rire aux éclats.

Téléfilm
Calibré pour la télévision, comme le montre le logo M6 en ouverture, INSEPERABLES déçoit pour sa monotonie plombante. Néanmoins, il peut vous être sympathique pour le Alban Ivanov show qu'il offre à l'écran, une source d'énergie qui électrise cette histoire fortement convenue.
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