Hobbs and Shaw, la critique

On ne va pas se mentir, on aime la franchise Fast and Furious pour sa connerie sans limite. Souvenez-vous du dernier volet : Un bébé qui joue mieux que Vin Diesel, des voitures zombies qui envahissent la ville, The Rock qui dévie un missile avec ses mains. Les producteurs ont bien compris qu’on aimait la connerie et c’est ainsi qu’ils ont réunis le nouveau duo-phare de la saga, la brute Jason Statham et le sur-humain Dwayne Johnson, pour un spin-off mêlant comédie potache et Mission Impossible sous stéroïdes. Accrochez votre ceinture, on fonce avec joie vers l’autoroute du n’importe quoi !

On va tout de même appuyer sur la pédale de freinage, Hobbs and Shaw déraille par moments. Trop consciencieux du second degrés de son film, David Leitch ne semble pas s’être détaché de l’expérience Deadpool 2. Et pour cause, le réalisateur préfère laisser ses comédiens déblatérer leurs punchlines en compagnie de caméos de luxe plutôt que de s’attarder sur ce qu’il raconte ou sur son cadrage. Car il faut le voir pour le croire mais la règle des 180° pour filmer un dialogue est complètement brisé, donnant l’impression d’assister à un Fast and Furious réalisé par Ozu ou Paul Schrader. Mais ne vous méprenez pas ! On voulait de l’action débile à gogo, et on en a eu pour notre compte. Mais ces dialogues comiques semblent durer une éternité et cassent parfois le rythme, ce qui donne au film un cœur de « pierre » (c’est bon, vous l’avez ?).

Fast & Furious : Hobbs & Shaw : Photo Vanessa Kirby
Vanessa Kirby

En dehors de ce fâcheux calage, ce spin-off de « Fast and Furious » est à plein turbo envers la démesure pour notre plus grand plaisir. Sans trop en dévoiler, voir des plans en vue subjective du bad-guy, joué par Idris Elba s’éclatant à cœur joie, façon Terminator suffit à nous amuser. Tout comme un climax joyeusement régressif qui, par la force de voitures, nous livre naïvement son message sur l’importance de la famille. Et quant aux deux personnages principaux, sorte de Tango et Cash encore plus testosteroné que d’habitude, on jubile devant cet alchimie. Quand ce n’est pas sur-écrit comme on a pu le reprocher en haut, Johnson et Statham s’éclatent à s’envoyer punchline sur punchline. Un petit mot aussi sur la géniale Vanessa Kirby, troisième membre de ce trio bad-ass, qui confirme son importance dans le cinéma d’action contemporain, un an après Mission Impossible : Fallout l’an passé.

"Hobbs & Shaw" contient tout ce que l'on attend d'un buddy-movie. Un duo qui apprend à évoluer, des punchlines gratinées et de l'action. Mais un "buddy-movie" façon "Fast and Furious" donc, avec du spectacle ne reculant devant aucune limite et sa tendresse naïve qu'on aime voir au second degré. Du cinéma pop-corn musclé régressif, mais pas déplaisant !
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Fun
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