Halloween x GTP : Cinq films originaux à voir la nuit du 31 octobre

Aujourd’hui, on célèbre la fête des Morts sur Good Taste Police ! Halloween, d’habitude, c’est la soirée déguisée en Joker ou Dracula pour regarder des films d’horreurs avec les copains. Cette année, il est grand temps de changer les choses. Vous êtes en panne d’idées ? Vous souhaitez changer des classiques Michael Myers ou Chucky ? Comptez sur nous pour vous conseiller cinq films originaux, n’appartenant pas forcément au genre de l’épouvante, mais qui risquent de vous faire passer une nuit terrifiante. Clowns, tueur en série, caméra voyeur : vous n’êtes pas prêts.

Le choix de Victor : Balada Triste de Alex de la Iglesia (2011)

Balada Triste : Photo Álex de la Iglesia

En voyant cette image, on peut facilement deviner ce que vous allez penser : « Oh non, pas encore un film avec des clowns barjos. On a déjà donné avec celui de Gotham City et l’autre qui met la misère à des gamins avec des ballons ». Une pensée compréhensible, il faut le dire. Toutefois, Balada Triste relève du jamais-vu. Déjà il est signé Alex De La Iglesia, l’un des réalisateurs les plus frappadingues du cinéma espagnol. Cette épopée baroque est une porte d’entrée impeccable pour entrer dans l’âme du cinéaste. Très personnel, symbolisant la Guerre Civile Espagnole à coup de clowns armés jusqu’aux dents, ce crescendo vers le malaise foutraque dégoulinant de sang risque de vous mettre dans tous vos états jusqu’à un dernier plan terrorisant.

Le choix de Jade : Tesis de Alejandro Amenabar (1996)

Ici ni clowns ni démons, simplement l’idée de violence.  Angela, dans sa quête des images les plus terribles qui existent pour sa thèse sur la violence audiovisuelle, tombe sur un snuff movie dans lequel une autre étudiante est torturée puis tuée. A la fois intriguée et terrifiée, elle décide de mener l’enquête pour découvrir l’auteur de ce film. Savant thriller psychologique, Tesis ne relève pas exactement de l’horreur mais est indéniablement plus effrayant que n’importe quel jumpscare. Paradoxalement au sujet du film, ici pas besoin de gore à foison pour faire peur. Amenabar repose tout sur l’ambiance oppressante, la paranoïa, et un rythme parfaitement géré. Impossible de ne pas ressentir la même curiosité malsaine qu’Angela tout en appréhendant constamment découvrir la vérité. Jamais faire des recherches pour un papier universitaire n’a été si terrifiant.

Le choix de Alexandre : J’ai rencontré le diable de Kim Jee-woon (2011)

J'ai rencontré le Diable : Photo Lee Byung-Hun

“Halloween” et “diable” semblent se marier à merveille. Cependant, le diable de Kim Jee-woon n’a ni fourche, ni cornes et prend simplement la forme d’un prédateur…et de son prédateur. D’un côté : le Mal absolu, incarné par un monumental Choi Min-sik, adepte du charcutage de jeunes femmes et de viande raffinée. De l’autre : un flic qui ne juge pas utile de mettre des gants pour débarrasser le monde de ce psychopathe. Âmes sensibles s’abstenir, J’ai rencontré le diable ne fait pas dans la dentelle et c’est le spectateur qui déguste. Le réalisateur ne nous épargne rien, s’enfonçant toujours plus loin dans une violence extrême, pour un final aussi déconcertant qu’il est inévitable. Kim Jee-woon livre là l’un des plus grands thrillers des années 2010, une sorte de Seven sud-coréen, parcouru d’une rage contagieuse.

Le choix de Charlotte : Morse de Tomas Alfredson (2008)

Morse : Photo Kåre Hedebrant, Lina Leandersson

Une histoire de vampires, d’accord, mais alors pas n’importe laquelle. Pourquoi ? L’action se déroule dans la banlieue de Stockholm et prend comme personnages deux jeunes adolescents marginaux : nous sommes donc très loin de l’ambiance de Twilight. C’est une histoire d’amour avant tout, mais qui n’est pas ordinaire. Lorsqu’Oskar, martyrisé par ses camarades, comprend que sa nouvelle voisine Elie est un vampire, il ne prend pas peur, au contraire. Ses sentiments vont lui permettre de s’affirmer et se de redécouvrir, vont lui donner une nouvelle force. Point d’excès de gore ici, mais un film poétique, à la superbe photographie, qui parle intelligemment de la manière dont nous réagissons lorsque nous faisons face à l’inconnu. Morse a eu un tel succès critique et public à sa sortie qu’il a eu le droit à son remake américain inutile : Let me in.

Le choix de Amaury : Braindead de Peter Jackson (1992)

Si de plus en plus de films de zombies ont savamment réussi à se greffer au genre de la comédie, à ce jour selon moi, aucun n’est arrivé à la cheville de Braindead. On dit souvent de Peter Jackson qu’il est un réalisateur généreux, gourmand et spectaculaire, comme en témoignent ses blockbusters. Ça, il l’était tout autant au tournant des années 90, avec des budgets bien moindres, mais avec une imagination insensée. L’idée : pousser les curseurs du gore au-delà du raisonnable, et piocher son inspiration dans le burlesque à la Buster Keaton. Qu’est-ce que ça donne ? Un bébé mutant qui vous saute au visage, un prêtre qui fait du kung-fu, des gags peu ragoûtants à base de tondeuses à gazon et de pustules éclatées dans une crème anglaise, ou encore un type qui, en s’enfuyant d’une horde de zombies, fait du surplace dans une flaque de sang bien embarrassante. Le meilleur dans tout ça : la manière dont le héros règle ses comptes avec son envahissante mère, première humaine à avoir contracté le virus zombie, qui passe de vieille peau détestable à une créature improbable de dix mètres de haut. Meilleur matricide possible, pour une parfaite péloche du samedi soir !

Maintenant, on espère avoir su vous éclairer pour votre soirée d’Halloween. Sortez bonbons et sodas, vous n’allez pas en croire vos yeux devant chacun de ces films !

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