GTP x Les Brouillons #1 : Immersion entre zombies, Baboulinet et…Heisenberg ?

La plupart du temps, je vais au cinéma pour découvrir de bons films, voire même de très bons films, voire même La La Land. Parfois, je me laisse un peu aller et je clique sur les mauvais boutons au moment de réserver. C’est ainsi que Victor des Brouillons du Cinéma et moi-même nous sommes retrouvés le samedi 28 janvier pour une journée spéciale « pur divertissement ».

Au menu

Tout un programme ! La seule chose qui vous vient à l’esprit quand vous affrontez ce genre de situation, c’est vos chances de survie. Avez-vous embrassé une dernière fois votre mère avant de partir ? Qui gardera pour vous votre vieux chat obèse lubrique ? Prenez vos dispositions avant de tenter ce genre d’expérience, vous risqueriez de ne pas en ressortir indemne…

Prérequis

Vous avez vu la gueule du menu, vous comprendrez donc que nous n’avions pas vraiment l’espoir de voir des chefs d’oeuvre.

  1. Avoir vu au moins un Resident Evil OU avoir vu tous les Resident Evil OU n’avoir vu aucun Resident Evil. En fait, ce n’est même pas un prérequis, désolé pour la perte de temps ;
  2. Se rappeler le dernier bon film avec Milla Jovovich. Exactement, il a 20 ans cette année ;
  3. Faire un bingo xXx OU imaginer toute une série de punchlines qui pourraient être utilisées dans Reactivated ;
  4. Imaginer Bryan Cranston mal jouer ;
  5. Avoir l’estomac plein (privilégier un fast-food pour se mettre vraiment dans l’ambiance).

Première séance, 13H10 : Resident Evil – Chapitre Final

Après avoir épuisé le dictionnaire des synonymes pour la fin du monde et autres joyeusetés apocalyptiques, Paul W. S. Anderson a décidé de revenir à un titre plus classique, pour ne pas dire chiant, pour la conclusion de sa saga. Est-ce un premier indice pour un éventuel changement dans la formule ? Non. Loin de là. Cinq minutes de film suffisent à nous massacrer littéralement les tympans, à coups de « rock » (peut-on encore appeler ça du rock ?) assourdissant et de jump scares dégueulasses.

Rien n’a changé. Je ne sais pas par quoi la série est passée, je me suis arrêté à Resident Evil – Apocalypse. J’ai juste souvenir des trailers tous plus pétés les uns que les autres. J’étais tout de même loin de me douter que la mise en scène des scènes d’action était aussi vomitive. Pour vous donner une idée de comment obtenir la recette Paul W. S. Anderson, voici la démarche : kidnappez Olivier Megaton, clonez-le, faites-le muter avec un stroboscope et vous obtiendrez normalement un résultat proche de ce qu’a produit notre réalisateur britannique. Et encore, je ne suis même pas sûr que le cocktail sera suffisamment fort. Chaque action est tellement découpée n’importe comment que dès le deuxième angle, on est déjà perdus. Ce montage atroce donne d’ailleurs l’occasion de découvrir quelques unes des premières perles nanardesques de cette année.

Vous ne serez pas surpris si je vous dis que le scénario est con comme pas deux. Fin du monde, clones, amnésie, méchant caricatural, Wesker inutile, j’en passe et des meilleures. Le « twist » final est tout de même magistral. A se demander s’il y a réellement des spectateurs qui ont une véritable envie de connaître le fin mot de l’histoire ?

Bref. Resident Evil, c’est (censé être) terminé, malgré une fin ouverte à la mords-moi-le-nœud. On espère juste que Paul laissera la saga tranquille pour une éventuelle future (ré)adaptation plus proche de ce qu’on est en droit d’attendre d’un Resident Evil : de l’horreur, de la vraie.

Deuxième séance, 15H30 : xXx – Reactivated

A peine remis d’un Resident Evil exténuant, nous étions déjà parés pour la suite : Baboulinet. Vin Diesel fait partie des acteurs que je trouve sympathiques. Vous savez, cette catégorie d’acteurs dont on sait qu’ils ne sont pas très bons mais qu’on aime bien quand même parce que…plaisir coupable, tout ça tout ça.

xXx – Reactivated est à l’image de son interprète principal : sympathique. Pas ouf. Pas démentiel. Pas fin surtout. Mais sympathique, agréable, pas si mauvais, acceptable. Bon, je vous avouerai qu’on n’ira jamais voir un xXx pour son scénario. Ici, il est question de surveillance de masse, comme dans à peu près 100% des films d’action high tech qui sortent de nos jours, avec les petits retournements de situation qui vont bien. Enfin, zappons cette partie pour nous concentrer sur ce pour quoi on est venus : l’action et la beauferie.

Quoi ? Vous pensiez que je regardais xXx ou Fast and Furious pour autre chose que des plans butt-pool (des nanas qui sortent d’une piscine), des répliques prévisibles et des mecs qui réfléchissent avec leur bite ? Pour ça, Reactivated fait largement le taf. Entre les cascades grand guignolesques, les chutes de rein dénudées et les punchlines over the top, on en a pour notre argent ! Véritable penchant concon d’un Mission Impossible, xXx ne se prend jamais au sérieux et enchaîne les aberrations comme Vin Diesel enchaîne les minettes. Mention spécial au caméo qu’on attendait en allant voir Reactivated. C’est con, c’est drôle, c’est bon.

Reactivated est fun, c’est indéniable. C’est surtout, selon moi, le début d’une nouvelle saga « à la Fast and Furious » et un nouveau concurrent au jeu de celui qui pissera le plus loin. On ne l’avait pas spécialement demandé mais bon, est-ce souvent le cas ?

Dernière séance, 18H : The Boyfriend

Petite précision : avant d’assister à ces séances, je pensais que Resident Evil serait le pire moment de la journée et The Boyfriend le moins désagréable.

FAUX !

Ok, je vais me faire foutre. Mais avant, je vais revenir très brièvement sur la séance que nous avons quittée au bout de 45 minutes. The Boyfriend est à la comédie US ce que Débarquement Immédat est à la comédie française : ce qui se fait de pire. Qu’est-ce que Bryan Cranston et James Franco sont allés foutre dans ce festival de placements produits malaisant et tout sauf drôle ?

Ce n’est pas drôle, mais en plus c’est écrit avec le cul, c’est vulgaire (comme mon expression d’il y a 5 secondes), moche, prévisible, inutile, racoleur. C’est une purge. Une vraie purge. Une horreur. Un immondice. Une fantastique merde de classe internationale, visionnée en VF qui plus est. A vous les joies du « double zgeg », des blagues cacas, des « elle est bandante » à tire-larigot. Je n’en revenais pas, donc j’en suis sorti. C’était trop pour mon petit coeur de faible.

Bilan

Au final, on a pu découvrir deux daubes sur trois films. Le ratio reste raisonnable. C’est toujours mieux que trois daubes. Ça manquait tout de même d’une petite comédie française bien franchouillarde et raciste. On ne peut pas tout avoir !

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