GTP Awards 2016 (ou Kuru Awards pour les intimes)

Voici venuuuuu le teeeeemps… ♫

C’est bientôt Noël. Ce qui veut dire que c’est bientôt le 31 décembre. Ce qui veut aussi dire que l’année se termine. Ce qu…ok j’arrête.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la 1ère édition de la cérémonie officieuse et inutile des GTP Awards, aussi nommés Kuru Awards puisque je suis seul en ces lieux. Le principe est simple : des catégories intelligentes, une sélection ultra pointue et une objectivité sans faille. Comme j’écris au fur et à mesure, je ne sais même pas ce qui va figurer dans la suite de cet article. La spontanéité ma gueule.

Bref, commençons.

Catégorie du Graal, celui qui a calmé tout le monde à sa sortie et a mis toute forme de concurrence en PLS.

Affiche ZootopieZootopie

On commence par LE film à retenir en 2016 et il s’agit d’un film d’animation. De Disney. En même temps, il y a d’autres studios qui font de l’animation ? Trolls mis à part, il y a eu quelques très jolis films cette année mais aucun n’est arrivé à la cheville du chef d’oeuvre de Disney. Pourquoi ? Parce que ses thèmes et son timing étaient parfaits : sexisme, racisme, xénophobie et une sortie en février. Forcément, ça ne pouvait que faire mouche. Le film est parcouru d’instants fabuleux en plus d’être d’une maturité affolante, comme en témoigne cette réplique de Nick le renard (une parmi tant d’autres, je pourrais citer tout le film) :

« That if the world’s only going to see a fox as shifty and untrustworthy, there’s no point in being anything else. »

Bonus, et je remercie les jumeaux MadTwins sur Twitter (@Bonnetbrothers) pour cette trouvaille :

C’est dire à quel point ce film est important, aussi bien pour les gosses que pour les adultes ! Si vous n’avez pas eu l’occasion de la lire, je vous redirige vers ma critique de Zootopie, qui est l’une des premières publiées sur GTP.


Catégorie du film qui se veut pédagogique mais finit juste par te prendre pour un con.

Affiche Le Ciel attendraLe ciel attendra

Le sujet du film est intéressant. L’embrigadement de nos chères têtes blondes par les Islamistes, c’est un vrai sujet sur lequel il y a de quoi dire des choses, indéniablement. Mais pas de cette manière. Pour vous expliquer, je vous explique une scène du film : une nana parle à un mec par SMS, un mec qui est bien entendu quelqu’un de mal intentionné. Elle lui écrit et les SMS sont lus à voix haute. Déjà, c’est la pire façon de montrer des SMS au cinéma, vraiment. Mais en plus, à un moment, il y a en plus de la voix un triple zoom sur le prénom du monsieur, qui s’appelle Medhi, comme pour insister sur ses origines.

Je vais vous la faire sur papier pour que vous compreniez bien. Attention, ça va aller vite.

Medhi. Medhi. Medhi.

Vous voyez ? C’est déjà grossier niveau mise en scène, mais c’est d’une maladresse ahurissante concernant le message véhiculé. Mon ami et moi-même n’avons pas pu nous empêcher de pouffer de rire lors de ce passage. Shame on us.


Catégorie du film que tu as vu venir, tu pensais que ce serait de la merde et en fait, t’as tellement kiffé que tu l’as revu une seconde fois (alors qu’en vrai, il est honteux).

Brice 3

Qui l’aurait cru ? Qui aurait pu penser que la suite de Brice de Nice serait le Brice 3 que l’on a eu ? Qui aurait pu imaginer un seul instant le truc complètement con/absurde/dénué de sens qu’allait devenir cette « licence » ? Personne.

Brice 3, c’est le concept de « plus fort, plus loin », puissance 1000. Mais en fait, même pas. Ce n’est pas le premier en plus con. C’est complètement différent du premier. James Huth a mis de côté le peu de cohérence qui restait à Brice de Nice pour en faire le truc le plus génialement débile de l’année. Ce film n’a aucun sens. Il n’a aucun but, aucune utilité, aucune cohérence. Et ça marche carrément. Je n’ai jamais autant ri devant un film que devant Brice 3. Jamais. Je n’aime pas spécialement le premier. Juste que cette farce entre potes m’a complètement embarqué et ce dès la première minute.

A regarder absolument avec un verre dans le pif et une bonne pizza, ne serait-ce que pour l’intro sur fond de Surfin Bird.


Catégorie de la scène finale qui t’émotio…nan je déconne, qui n’a juste rien à foutre là.

Ben-Hur

Je ne vais pas m’en cacher, je suis très grand public. Parfois, j’ai même des goûts particulièrement douteux, voire merdiques. Des plaisirs coupables quoi. Et les films de Bekmambetov, c’est en quelque sorte mon pêché mignon. SAUF QUE Ben-Hur est une merde. Je l’ai attendu, je me suis dit que ce serait peut-être drôle, alors qu’au final c’est juste mauvais. Ce n’est pas fun comme Abraham Lincoln ou Wanted, ce n’est pas stylé, rien. C’est nul.

Il y a quand même un truc dans Ben-Hur qui fait qu’il mérite sa place ici : son final. Je vais spoiler comme un porc donc si vous voulez le voir, vous pouvez rester puisqu’on s’en fout. A la fin, Judas Ben-Hur pardonne à son frère malfaisant, suite à quoi il s’en vont faire du cheval comme quand ils étaient petits. Ok. Tout le monde pourrait avoir envie de faire du cheval, là n’est pas la question. La scène en question ne poserait pas problème si elle ne se déroulait pas au ralenti avec une chanson pop dégueulasse que vous pouvez écouter ci-dessous. Je récapitule : péplum, cheval, ralenti, pop. J’ai pleuré des larmes de sang.

La petite critique du film pour ceux qui l’ont manquée.

https://www.youtube.com/watch?v=Cx7f21uKXvI


Catégorie du plan-séquence qui t’uppercut comme un mini-van percuterait un chat imprudent sur la route.

Creed

Je ne pensais pas aimer Creed. J’apprécie les Rocky, sans en être particulièrement fan, mais Creed, un spin-off, je le sentais mal. Très mal. Pourtant, je suis allé le voir. Et quelle claque, quelle monstrueuse claque ! Tout est bon dans Creed, il n’y a rien à jeter. L’acting excellent, le schéma classique mais prenant, les thématiques abordées, le ton employé, tout était bon. Pourtant, ce sont surtout les quelques fulgurances visuelles qui m’ont scotché. Certains plans sont tout bonnement sublimes. Creed contre son père, l’entraînement dans l’ombre de Rocky, la course avec les motos, autant de plans marquants et géniaux. Mais s’il y a une scène à retenir, c’est ce premier combat en plan séquence. Cette scène est folle. Je vous laisse admirer.

https://www.youtube.com/watch?v=pqSSHmr8bR4&t=66s

J’ai quand même longtemps hésité pour cette catégorie avec la découverte de la maison dans Don’t Breathe. C’était quand même canon !


Catégorie du film qui a suffisamment choqué les cathos pour lui permettre d’accéder au panthéon des films de qualitay.

Sausage Party

Le postulat de départ de Sausage Party est simple : de la bouffe qui veut s’échapper d’un supermarché pour rejoindre leurs dieux, les humains. Seth Rogen oblige, ce qui aurait pu être une simple parodie de Toy Story se transforme en critique acerbe des religions, parsemée de weed, de « fuck » et autres joyeusetés insalubres. Le film fonctionne. Il est drôle. Mais ce n’est pas ce qu’on en retiendra. On ne retiendra qu’une chose : une scène a fait la polémique. Tu peux dire autant de fois le mot « fuck » que tu veux, ce n’est pas un problème. Par contre, mets en scène une orgie alimentaire, et là c’est le jackpot. Tout le monde en a entendu parler, le final de Sausage Party est une partouze géante, ultra imagée (parce que c’est de la bouffe, faut pas déconner), mais quand même. Ce final est juste génial. Il l’est encore plus parce qu’il a fait chier la Manif pour Tous. C’est dit.

https://www.youtube.com/watch?v=v-fkOWppxlc


Catégorie de la scène qui ferait passer le clip de Dragosta Din Tei de O-Zone pour le nouveau Malick.

Miss Peregrine

Je n’ai pas grand chose à dire sur Miss Peregrine. C’était naze. Trop naze pour être divertissant. Entre Samuel L. Jackson qui cabotine à mort et le profond ennui dans lequel nous plonge le film, il n’y avait rien à sauver. Ou presque ! En effet, vers la fin du film se déroule une scène qui défie les lois de l’espace et du temps. Une scène qui marquera à jamais l’histoire du cinéma post 2010. Une scène qui voit s’affronter des enfants et des squelettes dans une fête foraine sur fond de techno issue de la compil’ 1998 du Capt’ain. Très clairement, on est d’accord que Tim Burton a déjà fait de très mauvaises choses, avec des choix on ne peut plus discutable, mais ici il a franchi un nouveau cap, dont il ne reviendra probablement jamais. Une pensée pour l’ami Tim. Dommage, je n’ai pas le lien Youtube pour vous la partager !


Catégorie de la reprise musicale la plus improbable (au point de te rincer les yeux et les oreilles à l’eau de javel).

Les Trolls

Quand Zootopie s’occupait de sujets sérieux et graves, d’autres films d’animation avaient des ambitions plus…légères on va dire. C’est le cas des Trolls de Dreamworks, qui n’avait pour objectif que de divertir et remplir nos yeux d’étoiles, de licornes et de cupcakes, à coups de personnages colorivomitifs et de reprises musicales que l’on qualifiera d’étranges. Et l’une d’entre elles est plus étrange que les autres puisqu’il s’agit de Sound of Silence, de Simon and Garfunkel. Il fallait oser, Dreamworks l’a fait. Probablement la séquence la plus mémorable dans un film conçu sous LSD par des cocaïnomanes qui s’assument visiblement.


Catégorie du film annuel de Snyder qu’il est malaimé parce que c’est Snyder mais moi je l’aime bien…parce que c’est Snyder.

Batman v Superman

 

Ok, elle était facile celle-là, puisque Snyder n’a sorti qu’un seul film et qu’en plus, le titre est mensonger puisqu’il ne sort pas un film tous les ans. Double entourloupe. Bref, je m’en fous, j’avais juste envie de mettre Batman v Superman quelque part dans ce top à la con et je peux enfin le caser. J’aime BvS. Je l’aime tellement qu’il fait partie de mon top 10. J’aime aussi Snyder. D’ailleurs, j’aime tous ces films jusqu’à maintenant. Un jour, il sortira bien son Spectre, qui constituera ma première déception chez lui mais pour le moment, ça se passe plutôt bien. Donc voilà, Batman v Superman est dans ce top et je suis content. Ça a fait ma journée.

Encore une fois, si vous ne l’avez pas encore lue et que vous avez du temps à perdre, je vous invite à consulter ma critique de BvS, garantie 100% biaisée parce que je suis un fanboy.


Catégorie de l’underdog, le film qu’on pensait ne pas aimer, qu’on allait voir à reculons et au final, il fait fondre notre petit coeur de « faible ».

Paterson

C’est l’un des derniers films vus en 2016. On m’a proposé d’y aller, j’ai dit « Ouais, pourquoi pas », mais avec quelques doutes :

  1. C’est de l’indé ;
  2. C’est du Jarmusch ;
  3. C’est avec Kylo Ren.

Au final, c’est l’un de mes derniers gros coups de coeur. Pour le résumer, c’est un film qui te fait aimer le quotidien, la routine. Un film simple avec des gens simples qui font des choses simples, jour après jour. Merci en tout cas à Victor sans qui ce film n’aurait sûrement pas atteint ces awards, puisque je ne l’aurais tout simplement pas regardé. CQFD.


Catégorie du trailer qui te rappelle que même si 2016 se termine, 2017 arrive et elle promet de bien belles choses !

Transformers – The Last Knight

J’ai failli ne rien mettre de Michael Bay dans ce best-of. Failli. Je suis arrivé à cette dernière catégorie avec La La Land en tête. Puis je me suis rappelé d’un trailer pour un petit film d’auteur prévu pour l’année prochaine : Transformers 5. J’ai repensé à Michael et à sa tristesse s’il venait à apprendre que j’avais fait tout un top de fin d’année sans lui. Cette image m’a bouleversé et j’ai dit merde à La La Land. Le trailer de Transformers a sa place ici. Il la mérite.

Trêve de blabla, ça a l’air beau, badass, cool, over the top, Bayesque. Tout ce que j’aime quoi.


Bon, il reste quelques jours avant la fin de l’année. Profitez de vos familles (pour l’argent, qu’on se comprenne bien), engraissez-vous comme il faut et à l’année prochaine !

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