Gerard Butler dans Greenland

Greenland : Gerard Butler, sauveur du monde (et des cinémas ?)

Quoi, comment ça Christopher Nolan s’impose comme le sauveur des salles ? Celui qui va sauver l’été 2020, c’est le Dirty Harry écossais adepte de la castagne et de la punchline, qui a sauvé trois fois le président des États-Unis : Gerard Butler. Mais dans Greenland – Le dernier refuge, il ne faut pas seulement compter sur la menace des hommes. Cette fois-ci, c’est la nature qui sera l’adversaire du roi Spartiate. Un choc des titans plutôt surprenant dans sa dimension humaine !

Il faut l’avouer, on rit avec un petit sourire narquois quand Greenland commence. Devant notre Gerard Butler adoré jouant les Working Class Heroes, toujours avec un air bougon plein de testostérone, on commence à se dire qu’on va avoir droit à une sorte de Guerre des Mondes (version Spielberg) rejoué à la sauce Ric Roman Waugh. C’est-à-dire une version au montage saccadé, aux effets spéciaux cheaps rappelant les heures de gloire de la société Millenium et surtout, une simplification totale des enjeux narratifs. Étonnamment, si le film peut parfois poser problème dans ses sfx peu flatteurs à la réalisation, il ramène très sincèrement au chef d’oeuvre de Spielberg. Greenland surprend en effet par son appropriation à échelle humaine du film-catastrophe.

Avec toutes les images que nous avions dû observer ces derniers mois, il est très difficile de ne pas observer des similitudes possibles entre la fiction et la réalité. Notamment via un axe plutôt malin du film : l’interaction des humains avec les informations. Faisant simplement parti du décor, sans nulle objet de critique en mode ça fait réfléchir quand même, la crainte insidieuse des personnages du film provient très rapidement des premières images qu’ils observent de la catastrophe. Et de cela vont découdre des situations humaines et terriblement complexes posant une simple question : jusque où une personne serait-elle capable pour sauver sa vie et celle de sa famille ? Bien entendu, ce n’est pas la première fois que le genre du film-catastrophe traite de cette problématique. Néanmoins, on peut estimer être agréablement surpris de la part d’une production auquel on ne s’attendait à rien de plus qu’un divertissement popcorn.

Les situations deviennent de plus en plus anxiogènes au cours de Greenland, notamment grâce à une pirouette scénaristique présentée au début du film qui interpelle sur la notion de privilège, le moindre geste de travers peut avoir des conséquences désastreuses et entraîner des scènes particulièrement violentes. Au résultat final, on se dit qu’on a affaire à une sympathique série B old-school, qui n’a pas peur d’appuyer là où ça fait mal. Jusqu’à ce que la dernière demi-heure se pointe… De manière insensée, après avoir vécu une heure et demi particulièrement mouvementée, le film bascule. La mission de sauvetage familiale complexe et étouffante devient une version Asylum de 2012. Réconciliation d’une famille en crise, quête d’un lieu sauveur de l’humanité, optimisme souvent ringard, on ne comprend pas vraiment ce qu’il s’est passé pour subir un tel virage. Mais ça ne gâche pas l’autre spectacle qu’on attendait : le Gerard Butler show. Investi dans la mission qui lui est attribué, on suit sans déplaisir son opération de sauvetage saupoudrée de bières et de punchs. Au final, Greenland offre ce que l’on espérait plus voir à l’écran : du film popcorn décomplexé mais qui ne prend pas le spectateur pour un idiot.

Gerard Butler dans Greenland
Une série B old-school surprenante
Gérard Butler peut donc sauver sa famille et peut-être les salles obscures ? Divertissement honnête et intelligent, Greenland ravira les fans de catastrophes démesurées et pourra même se rendre cathartique pour tous ceux qui ont été enfermés trois mois devant leurs écrans d’informations.
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Bande-annonce

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