[FCSF #1] Premier de la classe, la critique

C’est les vacances ! En période mouvementé des résultats d’examens, la comédie française a trouvé une occasion de replonger les élèves dans leurs cahiers. Comédie estivale comme UGC a l’habitude de sortir chaque année (souvenez-vous de Ma Reum l’an dernier), Premier de la classe est pourtant à mi-chemin entre la récréation et l’heure de colle.

Dans sa première partie, ce film réalisé par Stéphane Ben Lahcene ressemble à la vengeance rêvée de tous les élèves. L’histoire d’Abou, cancre obligé de monter tout un stratagème pour faire croire à son père autoritaire qu’il est premier de la classe, est racontée de manière ludique et de sorte à ce que chaque élève peut se reconnaître. Après tout, qui n’a jamais été angoissé lors des réunions parents-professeurs ou de l’arrivée du bulletin dans la boîte aux lettres ? La mise en place de son plan, cherchant les acteurs à recruter pour cette mascarade, se donne des airs de Ocean’s Eleven de cour de récré. C’est amusant, parfois crispant (avait-on vraiment besoin de tant de clichés cependant ?), mais toujours dans une ambiance bon enfant qui divertit. Le tout aidé par une bande de comédiens, habitués maintenant des seconds rôles qu’on aime toujours retrouver, à savoir Thomas VDB, Issa Doumbia, Nicole Ferroni et Nadia Roz entre autres. Dans cette partie, Premier de la classe est un divertissement convenable à voir en famille.

La nouvelle relève de la comédie française populaire va pourtant affronter les vétérans lors de la seconde partie, Pascal NZonzi et Michèle Laroque. Les deux personnages qu’ils vont jouer incarnent le ton plus moralisateur qu’entame malheureusement la seconde partie, qui apparaît désagréablement comme le son de la sonnerie à la fin de la récréation. Soudainement, le film vire à la leçon de moral et abandonne la régression récréative qu’il promettait au départ. Sans en dire davantage, on va dire que c’est le coup de l’arroseur arrosé qu’on rendrait trop dramatique. Si une charge contre la condition désastreuse que subissent les professeurs est bienvenue, il est étonnant de voir le film se transformer brutalement en une histoire de rédemption. Toujours dans la bonne humeur certes, on est pas dans un drame social à la Stéphane Brizé non plus, mais il n’empêche que le résultat peut déconcerter.

Ce changement de ton déconcerte le visionnage de PREMIER DE LA CLASSE, film qui se sent obligé de faire la morale alors qu'il aurait pu tout simplement continuer à s'amuser en récréation. Cependant, l'ensemble des comédiens fait en sorte à ce que l'on ressort du film avec le sourire donc on lui donne la mention PASSABLE.
2.5
Mention Passable
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