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Eurovision Song Contest – The Story of Fire Saga : casser la voix (et les oreilles)

Cette année fut foudroyée par l’absence d’un événement-majeur de la pop-culture, si vous aimez le kitsch et les paillettes : l’Eurovision, ce concours si adorée où la pop flamboyante est aussi célébrée qu’une finale de coupe de monde de football. Netflix a compris la détresse des fans et a souhaité sortir l’artillerie lourde en collaborant avec Will Ferrel pour une comédie sur ce phénomène. Malheureusement, ce film de David Dobkin, respectueux de l’événement, finit par casser les oreilles de son public en laissant son script en pilote automatique durant deux longues heures.

Qu’est-ce qui rend l’Eurovision si palpitant ? Les commentaires de Marianne James et Stéphane Bern ? Évidemment, mais encore ? La success-story du représentant de notre pays, une future star qui peut briller en tant que figure politique, militante et minoritaire. Nous l’avions bien vu l’année dernière avec Bilal Hassani (qui fait d’ailleurs une apparition dans le film)., qui a représenté la France et a obtenu une large adhésion du public. Eurovision Song Contest part plus ou moins de ce principe. Nous ne suivrons pas l’éclosion d’une performance politique sur scène, loin de là, mais le parcours de deux éternels amis qui ne rêvent que d’une chance : gagner l’Eurovision.

L’hommage à l’Eurovision est tenue avec sincérité et panache. Mais est-ce que cela suffit ?

C’est une success-story comique que le film nous propose, avec le duo Will Ferrel et Rachel McAdams. Les deux comédiens incarnent deux amis islandais qui rêvent de participer au concours après avoir vu ABBA concourir à l’Eurovision (franchement, ça se comprend). On retrouve les détails-clés qui font la gloire de l’événement : les sélections, les comptages de points, les imprévus techniques, les commentaires de Graham Norton. Sans aller dans la publicité géante pour le concours (hormis une séquence Medley un poil poussive), le film transcrit plutôt bien la force de ce concours. Mieux, il arrive même à extrapoler cet événement (c’était possible, ça ?) en lui insufflant des éléments perturbateurs avec notamment, un méchant joué par Dan Stevens, concurrent arrogant qui ferait croire à une version Eurodance de Joe Exotic. L’hommage à l’Eurovision est tenue avec sincérité et panache. Mais est-ce que cela suffit ?

Car, qui dit Will Ferrel dit aussi voir encore et toujours le même film avec le comédien. On s’explique : dans les années 2000, Ferrel était une légende de la comédie américaine pour jouer ce qu’il sait le mieux : l’arrogance incarnée. Sûr de lui, odieux avec ses collaborateurs, déterminé dans son but absolu mais jamais avare en gaffes ; il suffit qu’il change le costume de présentateur vedette pour celui de candidat à l’Eurovision pour que l’illusion d’un nouveau personnage soit là. Et surtout, cela piège tragiquement le film dont on devine très rapidement les aboutissements à la fin. Pour tout vous dire, une version plus attrayante de ce qui nous est proposé ici est la résolution lyrique de Frangins malgré eux d’Adam McKay, il y a donc 12 ans. La preuve est qu’un film peut très bien reposer sur son acteur, de manière positif ou négatif comme c’est le cas ici. Le film semble n’être pilotée que par ce cliché ambulant, étalé sur deux heures par le biais de pirouettes scénaristiques dont on pouvait se passer. À force de le voir toujours jouer la même chose, on se demande même s’il n’est pas devenu trop vieux pour ces conneries, comme dirait Murtaugh.

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12 points pour la sincérité du projet, mais pas pour le scénario !
Eurovision Song Contest offre un résultat en demi-teinte. Pour la sincérité du projet, nous donnions volontiers 12 points. En ce qui concerne la paresse gérée par l’omniprésence de Ferrel au projet, nous en donnerons aucun...
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La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart