critique dumbo
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Dumbo (2019), critique

Le nouveau cirque de Burton.

Avouons-le : lorsque le projet d’un remake live-action de Dumbo réalisé par Tim Burton fût annoncé, on n’y croyait pas une seule seconde. Depuis l’épisode des squelettes géants combattant sur de la tecktonik dans Miss Pérégrine et les enfants particuliers, on pensait avoir laissé Tim Burton dans un coin pour l’oublier à tout jamais. Que nenni ! C’est en s’infiltrant dans la corporation Disney (près de neuf ans après Alice aux pays des merveilles et la danse de Johnny Depp, gasp) que le réalisateur signe l’un de ses films les plus personnels, peut-être même l’un des plus subversifs. Aujourd’hui, on s’envole avec Dumbo !

dumbo avis
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D’emblée, on comprend ce qui intéresse Burton dans l’histoire de Dumbo. Les grandes oreilles de l’éléphanteau rejoignent les mains d’argents d’Edward pour raconter une histoire sur la différence avec un ton fantaisiste. Ce Dumbo nouveau s’imprègne habilement des thèmes du réalisateur tout en respectant l’original de 1941. En plus de livrer l’histoire du héros éponyme, dont on reconnaît aisément les plus grands passages (dont la célèbre scène des retrouvailles), le réalisateur prend soin de montrer un point de vue plus large sur le monde du cirque. On ressent passionnément l’amour du cinéaste pour cette troupe, qu’il filme comme il a fait pour la bande de Ed Wood en 1994. Une troupe de freaks envieux de pratiquer leurs numéros, en dépit des soucis financiers. Ce qui sera étonnement le centre névralgique du film.

Car la question qu’a du se poser Burton à la conception de ce projet devait être : « Qu’est-ce qui se passe après le succès de Dumbo au cirque ? ». Burton s’interroge quant à la fin du dessin animé, celui-ci s’arrêtant pile au moment où l’éléphanteau retrouve sa mère et devient une star nationale. Les trois premiers quart d’heure du film reprennent les éléments importants du dessin animé (naissance de Dumbo, séparation de sa mère, difficulté puis gloire au cirque) pour basculer ensuite vers le personnage de V. A. Vandevere, businessman spécialisé dans le divertissement, désireux de faire de Dumbo une vedette. Inutile que Burton se voile la face, on assiste bien à un dynamitage en bonne et dû forme de l’utopisme mené par Walt Disney et la création de son parc d’attraction. L’amour passionné du cirque mené par Danny De Vito et sa troupe s’oppose au cynisme industriel (merchandising avec peluches de Dumbo semblables à celles de Disney, rêve de Tomorrowland évoqué, un envers du décor plus sombre) que Walt / Vandevere pratique.

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Nous qui avions tant ragé sur le fait de voir Burton baisser les bras face aux majors, ainsi qu’aux effets numériques hideux (ce n’est pas encore ça ici, malheureusement), le voir se rebeller à ce point sous forme de grand spectacle fait plaisir à voir. Du grand spectacle car au delà de la charge critique envoyée, Burton n’oublie pas de signer une belle histoire et Dumbo nous émeut à tout moment. L’amour du réalisateur pour ce personnage fait chaud au cœur, on défie quiconque de ne pas pleurer durant le film ou de ne pas être émerveillé devant les numéros présentés tout le long.

Avec Dumbo, Burton a parfaitement assimilé l'exercice du remake : une reprise sincère d'un matériau pour se le réapproprier personnellement. En combinant son amour des freaks et du film original, le réalisateur réconciliera fans de la première heure avec le Burton de maintenant et permettra de faire découvrir cette histoire à un jeune public. En plus, il y a Colin Farrel en clown. Que demander de plus ?
On l'aime pour...
Même si...
3.5

Détails

dumbo poster
Date de sortie
27 mars 2019
Réalisateur
Tim Burton
Casting
Colin Farrell, Danny DeVito, Michael Keaton
Distributeur
Disney
Budget
-

Bande-annonce

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