Couverture de Venom (Ruben Fleischer, 2018)
©Sony

Venom (2018), la critique : quand Ruben fait chier…

Un univers partagé dans l’univers de Spider-Man, sans Spider-Man ? Mais enfin, Sony, auriez-vous donc totalement perdu la tête ?! Quelle idée saugrenue ! Pourtant, depuis son annonce, et en dépit de multiples reports (qu’on aurait aimé voir aboutir à une annulation pure et simple), le Spider-less-verse est bel et bien devenu une réalité. Et pendant que l’araignée la plus sympa du quartier fait un petit tour en Europe pour nous revenir plus en forme que jamais dans Spider-Man : Far from Home, c’est Venom qui prend du plaisir à San Francisco. Contrairement au spectateur, qui n’aura jamais autant regretté avoir laissé sa chance à un énième projet foireux, 3 ans après le reboot des Quatre Fantastiques…

Au-dessus des commentaires de cet article, vous trouverez un espace « réactions ». N’hésitez pas à l’utiliser pour dire ce que vous avez pensé de cet article (pas besoin de se connecter). Et si vous souhaitez débattre, eh bien, débattons !

Bande-annonce

Tout le monde ou presque connaît Venom. Pas forcément ses caractéristiques, ses pouvoirs ou ses origines, mais plutôt son apparence. Tout d’abord parce que Sam Raimi a déjà essayé de lui rendre gloire à l’écran, dans Spider-Man 3 (le résultat était, disons, discutable). Et deuxièmement parce qu’il est l’un des ennemis les plus emblématiques du héros, de manière générale, sans jamais avoir eu à bénéficier de l’exposition d’un Bouffon Vert ou d’un Dr. Octopus. Oh, attendez, ai-je bien dit le mot « ennemis » ? Ennemi comme dans « méchant », « vilain », « bad guy » ?

Eh bien oubliez ces mots, car dans Venom, il n’y a guère de place pour la vilainie. Par contre, c’est un véritable boulevard pour les lieux communs. Le personnage principal (supposément arrogant à l’origine, hein) est un héros du quotidien, un mec au grand coeur qui combat l’injustice et se fait virer ET plaquer pour avoir bien fait son taf. Ce qui fait de sa nana une femme plus soucieuse des conflits d’intérêt que de l’intégrité de son futur époux. Soit. Ladite nana ne sert à rien au passage, si ce n’est à créer des ponts faciles dans le scénario pour que l’intrigue de 3 lignes (on est gentils) puisse avancer.

Notre Eddie Brock, le fameux, abrite en lui Venom, l’infameux. A la rigueur, que le personnage AVANT la symbiose soit foiré, on s’en fout, non ? Le film s’appelle Venom après tout, pas Eddie. 40 minutes ratées sur 120, ça reste raisonnable.

Spoiler : les 80 minutes restantes sont pires.

Sans rire, et attention les yeux, ça va piquer : Venom conseille Eddie pour draguer. Ce n’est pas une plaisanterie, un hoax ou une fake news. Il se passe littéralement ça dans le film. Pour le remercier, Eddie lui apprend les bonnes manières : il ne faut manger que les méchants, pas les gentils. Et quand on mange, on mange avec un bavoir, pour que le film puisse rester tout propre et PG-13. Sony redéfinit totalement le personnage, lui enlève toute son essence et n’en préserve que la forme. D’un méchant fabuleux, on passe à un toutou blagueur, dans le corps d’un maître cabotin comme jamais.

Ce n’est pas tout, en plus de redéfinir le héros, la major réinvente la notion de bouillie numérique, dans un final encore moins lisible que les chefs d’oeuvre qu’on réalisait avec nos doigts quand on avait 2 ans et demi. Pour parvenir à ce résultat, Sony a inventé une formule :

Venom x Riot (le « seul » méchant du film) = combat explosif

Que l’on peut reformuler ainsi :

Bouillie numérique x bouillie numérique = bouillie numérique²

Le pire dans tout ça, c’est que même quand on essaie de faire abstraction de ce qui a trait aux personnages et à la notion d’adaptation, on échoue à trouver la moindre qualité à ce Venom. Tom Hardy a rarement été aussi mauvais et confond performance et gesticulations. Les autres acteurs n’existent tout simplement pas. Le scénario n’a aucun sens. Les effets spéciaux sont laids. Les dialogues sont nuls. C’est long, chiant, jamais drôle ou jouissif. La liste pourrait continuer pendant longtemps. On avait beau rire de Amazing Spider-Man 2 à l’époque (alors qu’il était cool, oui oui), on aurait tiré une autre gueule si on avait su ce qui se profilait !

[icon name= »star » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star-o » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star-o » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star-o » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star-o » class= » » unprefixed_class= » »]

Venom est la parfaite symbiose entre une pellicule et un étron fumant. Rien ne marche. Ni le visuel, ni l’écriture, ni les enjeux, ni les personnages, ni la chanson d’Eminem pour le générique de fin, ni l’hilarante apparition de Woody Harrelson. Rien. Ce ratage total de Ruben Fleischer ferait passer Thor : The Dark World pour du Ingmar Bergman, et rejoint directement les Daredevil, Catwoman et Elektra de la décennie passée. Cela dit, Venom sera un excellent candidat pour les soirées nanars que l’on se fera dans 10 ans !

Toutes les images appartiennent à ©Sony.

Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed
Plus d'articles
CRITIQUE // Thor – Ragnarok, de Taika Waititi