Couverture de Upgrade (Leigh Whannell, 2018)
©Apollo Films

Upgrade (2018), la critique : can’t stop the bot ?

On associe très souvent la genèse de la saga Saw à James Wan et à lui seul, à tort. En effet, si le réalisateur est bel et bien derrière la caméra et partiellement derrière le scénario, c’est l’un de ses collaborateurs réguliers, Leigh Whannell, qui est l’instigateur de la franchise, dont le premier opus est bien plus reconnu pour son scénario torturé que sa mise en scène hystérique. Et c’est ce même Leigh Whannell, débarrassée de James Wan, que l’on retrouve derrière Upgrade, énième production SF carrément fauchée, bizarrement issue du catalogue tout beau, tout frais de Blumhouse. Eh, attendez, ils ne font pas de l’horreur eux ?!

Bande-annonce

L’avis de Kuru sur Upgrade

Le film de petit malin pourrait être un genre à part entière. Libéré des chaînes de la science-fiction, de l’horreur ou encore de la comédie, il peut prendre de nombreuses formes, mais offre toujours un cocktail qui nous pousse à nous exclamer « Wow, chanmé ! » lorsque déboule le générique final. Saw était clairement un film de petit malin. Et Upgrade en est un aussi. Sous ses airs de petite série B sans prétention, Upgrade est soit une petite pépite, soit une immense surprise. Voyez-vous, il n’y a rien de plus prolifique que la série B de science-fiction. Mais combien de Renaissances doit-on se farcir pour gratter un Predestination ou un Upgrade ?

Avec ce film, Leight Whannell réussit tout ce que 90% des productions fauchées foirent. Son concept, à base d’intelligence artificielle, n’a rien de très original. Pourtant, le réalisateur / scénariste parvient à lui apporter une vraie singularité en y injectant de grosses doses d’humour noir. Ce qui commence comme un simple film à concept se transforme en comédie d’action un chouia gore avant de basculer dans le thriller noir. Upgrade passe d’un genre à l’autre avec une aisance qui force le respect, tout en bénéficiant d’une mise en scène réellement inventive. Prenez l’introduction de Kingsman 2, repensez à ses cadrages très « jeux vidéo ». C’est joli, mais ni justifié, ni réellement pertinent. C’est avant tout fait pour le style et par extension pour la frime.

Leigh Whannell s’amuse avec ce genre de plans, avec intelligence néanmoins. Il n’en abuse pas et se permet même de les justifier. A l’écran, le rendu est absolument sensationnel et le manque de moyens s’efface totalement au profit de la virtuosité des mouvements de caméra. Cette maîtrise apporte une dimension ludique certaine à Upgrade, qui se révèle au final aussi jouissif dans ses scènes drôles que dans ses scènes d’action ou ses twists. Parce que n’oubliez pas, on parle du scénariste de Saw. En 15 ans, Leigh Whannell n’a rien perdu de ses talents à l’écriture et il offre à son nouveau film une conclusion absolument percutante, à la hauteur du choc produit en 2004 à la découverte de son premier scénario.

Quel plaisir de voir des réalisations aussi modestes dans leurs moyens de production que brillantes dans leur exécution ! Upgrade, aussi confidentiel soit-il, apporte une véritable bouffée d’air frais à un sujet que l’on pensait voué à se répéter, encore et encore. Aussi soigné sur le fond que sur la forme, le film de Whannell a toutes les cartes en main pour accéder au même statut que le premier Saw !

Toutes les images appartiennent à ©Apollo Films.

Plus d'articles
SPÉCIAL // GTP Awards 2017