Good Taste Police, critique de Tomb Raider

CRITIQUE // Tomb Raider, de Roar Uthaug : Himikon

Prenez une saga vidéoludique en perte de vitesse. Examinez les éléments qui y sont appréciés, changez un peu la formule, insufflez un petit quelque chose pour le distinguer de la concurrence et secouez le tout. Succès. Maintenant, prenez ce reboot, retirez tout ce qui fait sa saveur, remaniez son scénario pour le rendre accessible à un enfant de 4 ans, reprenez quelques scènes du jeu pour les moneyshots de la bande-annonce. Bravo, vous venez de réaliser Tomb Raider.

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Tomb Raider

Le Tomb Raider de Roar Uthaug partait avec un avantage certain : les deux précédentes adaptations de la licence étaient médiocres. On pourra dire tout ce qu’on veut sur la pertinence du choix Angelina Jolie pour jouer l’aventurière, il n’empêche qu’on lorgnait plus vers le nanardesque Doom que le très bon Silent Hill. Il devient facile d’aborder le film en se persuadant que « ça ne peut pas être pire ». Quand en plus le matériau de base est aussi bon, comment se foirer ? Tomb Raider, le jeu, fait partie des meilleures relectures de ces dernières années, une superbe aventure parsemée d’instants de gloire explosifs et de véritables moments d’horreur, allant jusqu’à citer ouvertement The Descent. On fait difficilement plus cinématographique.

Pourtant, Warner a trouvé le moyen de rater le coche. Saluons tout d’abord le choix Alicia Vikander. Elle s’en tire avec les honneurs et fait ce qu’elle peut avec ce qu’on lui donne. Qu’est-ce qu’on lui donne ? Une Lara employée de Deliveroo / Uber Eats (à vous de choisir). Pendant de longues minutes, on fait la connaissance de cette jeune femme avide de sensations fortes sur 2 roues, concurrente d’une course à la Fast and Furious filmée comme Yamakasi, avant de se faire renverser par une voiture. Comme tout bon coursier qui se respecte.

Vous l’aurez compris, la mise en place est longue. Trop longue. C’est ennuyeux au possible. Une fois sur l’île, les choses s’améliorent très légèrement. PG-13 oblige, vous pouvez d’ores et déjà faire une croix sur l’aspect survival horror du jeu, c’est mort. A la place, on va faire la nique au scénario original et offrir un twist qu’on a tous vu venir. Con et prévisible. Pour le reste, Tomb Raider ressemble à tout, et par extension à rien. Mal filmé, mal dialogué, mal accompagné par une BO générique de plus de la part de Junkie XL, le film aligne les faux pas et là où il aurait pu relever légèrement la tête, il offre un final extrêmement décevant.

Tout comme Assassin’s Creed pensait séduire en mettant en scène un saut de la foi, Tomb Raider reprend quelques scènes du jeu pour ne rien garder de ce qui faisait la saveur du reboot. Au final, il ne reste qu’un film insipide de plus. Miss Croft est en droit de réclamer mieux, mais tant que la Warner brassera trop large, on ne pourra espérer une adaptation de qualité.

Détails

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Good Taste Police, critique de Tomb Raider

Réalisateur : Roar Uthaug
Casting : Alicia Vikander, Dominic West, Walter Goggins
Distributeur : Warner
Date de sortie : 14 mars 2018
Budget : 100 millions $

Le baromètre Good Taste Police :
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Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir « Tomb Raider »…[/powerkit_tab][/powerkit_tabs]

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