Critique de The Predator (Shane Black, 2018)
©20th Century Fox

The Predator (2018), la critique : des tripes et du coeur

Perdue dans les limbes d’une production calamiteuse depuis de nombreuses années, la suite / reboot (le positionnement est encore un peu flou) de Predator, sobrement intitulée The Predator, a enfin vu le jour, au prix de critiques assassines. Il faut dire que chez Good Taste Police, nous nous sommes un peu laissé prendre au jeu, préparant une mauvaise note en bas de l’article avant même de l’avoir vu. Admettons-le, nous avions tort. The Predator est loin, très loin d’être la catastrophe annoncée.

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Bande-annonce

L’avis de Kuru sur The Predator

Confier ce film au mec qui, jadis, provoqua la haine des fans de Iron Man en faisant du Mandarin un guignol était un pari audacieux. Shane Black a une réputation de poil à gratter parfaitement assumée par le bonhomme, pour qui chaque film est l’occasion de s’essuyer les pieds sur un genre ou une mythologie. The Predator ne déroge pas à la règle. Farceur comme jamais, le réalisateur transforme une saga de séries B en une grosse blague façon série Z. Une blague à 100 millions de dollars que seuls les gros sabots hollywoodiens viennent enlaidir.

Parce que le concept initial fonctionne du feu de Dieu. Un Predator, une bande de vétérans déjantés, des blagues sur les mères, du gore et une sacrée tendance à vouloir tout foutre en l’air. Oubliez le survival / action d’antan, Shane Black en fait une délicieuse comédie d’action. Les vannes et les idées tordues fusent. Les puristes risquent de bondir hors de leur sièges lorsqu’ils découvriront les Pre-dog-tor, ces espèces de canidés façon Hulk de Ang Lee (vous vous souvenez ?), probablement l’une des idées les plus brillantes et sous-exploitées de cette suite. The Predator est truffé de pieds de nez de cette trempe à la saga, des plus absurdes (toute la partie sur le nom « predator ») aux plus jubilatoires (le costume d’Halloween).

Malheureusement, comme dans tout bon film de franchise réalisé par un auteur (Shane Black en est définitivement un), deux visions s’opposent. D’un côté, l’envie de Black de sortir des standards en désamorçant tout ce qui fait d’un Predator un Predator, au risque de se coller tout une fanbase sur le dos. De l’autre, la Fox et les impératifs d’une production à gros budget. C’est ainsi que la plupart des idées couillues se retrouvent castrées à un moment ou à un autre, comme si en cours de route, après avoir laissé les vannes ouvertes, un mec s’était empressé de rattraper Shane Black pour lui dire « Eh mec, tu ne peux pas faire ça ! ». En résulte un montage parfois correct, souvent bancal, qui ne sait pas quoi faire de toutes les ruptures de ton que provoque l’affrontement des deux visions.

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Si on se réjouissait à l’idée de voir Shane Black sur une franchise telle que Predator, on ne pensait pas que le metteur en scène parviendrait à insuffler autant de sa personnalité à un film phagocyté par une production compliquée. On sent que la Fox ne parvient pas à contenir entièrement la fougue de Black, ce qui donne à l’écran un hybride bizarre entre une quasi-parodie et un blockbuster tout ce qu’il y a de plus classique. La plupart du temps, la formule fonctionne, même si The Predator aurait été infiniment plus singulier si Shane Black avait eu carte blanche tout du long. En l’état, le résultat reste beaucoup plus sympathique à regarder que la dernière itération d’une autre saga historique impliquant des Aliens

Toutes les images appartiennent à ©20th Century Fox.

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