CRITIQUE // Taxi 5, de Franck Gastambide

Vous avez le droit de vous demander pourquoi Good Taste Police choisit de s’infliger des films qui finiront par se faire descendre. Plaisir masochiste, envie de tripailles, simple tentative de racolage, les raisons sont multiples. Pourquoi ne pas tout simplement déduire que nous aimons le cinéma ? Que, curieux jusqu’à l’extrême, nous sommes prêts à donner leur chance à de présumés navets, envieux de les réhabiliter, de les dorloter ? Pourquoi le cynisme ? POURQUOI ?!

Bon, on admet, pour Taxi 5, c’était juste du masochisme *générique*

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Taxi 5

On ne va pas attendre pour vous le dire : Taxi 5 est nul. Comme les précédents. Ne vous mentez pas à vous-même, les anciens Taxi ne sont pas bons. Filmés et écrits à la truelle si vous préférez. Pourtant, ils ont ce capital sympathie qui fait que, aussi couillons soient-ils, ils restent très loin des comédies françaises les plus nauséabondes (oui, Philippe de Chauveron, c’est toi notre cible). Taxi 5, resequel (mélange de reboot et de sequel) sorti d’on ne sait où, offre le même mélange.

Il est filmé n’importe comment, propose une photographie digne de Julie Lescaut, propose une galerie de personnages improbables et tourne bien souvent à fond pour pas grand chose. Le départ des anciens au profit de nouvelles têtes ne change rien : Taxi 5 reste un pur Taxi. Ce qui signifie qu’on le regarde avec le sourire gaga du spectateur qui n’est là que pour une expérience de mort imminente à l’échelle d’une simple séance de cinéma. Le genre de moment qui fait perdre autant de points de QI qu’il fait gagner en minutes de bonne humeur. En réalité, c’est le pathétique de Taxi 5 qui le rend si attachant.

Il n’existe que grâce à une certaine forme de naïveté. En 2018, on rit encore de blagues grossophobes et scatophiles. En 2018, on sourit toujours autant en voyant des personnages cons comme une bite déblatérer des répliques insensées. En 2018, la Peugeot fait toujours son petit effet, même si on prétendait en avoir rien à foutre quelques minutes plus tôt.

Taxi 5 est une sorte de bon mauvais film. Dans une bataille de films, il serait aux côtés des gentils, armé d’une épée en mousse, cabrant son Shetland tuné, un casque Beats jouant les derniers tubes de Maître Gims sur les oreilles. Que veut-on dire par là ? Qu’on troquerait bien 5 suites supplémentaires contre l’interdiction signée de laisser Philippe de Chauveron s’approcher d’une caméra.

Détails

Taxi 5 Couverture du livre Taxi 5
Franck Gastambide
Franck Gastambide, Malick Bentalha, Bernard Farcy
Europa
11 avril 2018
20 millions €

Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit-neveu du célèbre Daniel, Eddy Maklouf, le pire chauffeur VTC de Marseille, mais le seul à pouvoir récupérer le légendaire TAXI blanc.

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