Les blockbusters endommagés par le fameux « development hell » commencent à se faire un peu nombreux ces derniers temps. Warcraft, la Tour Sombre, à peu près tous les films de DC Extended Universe (dont le plus bel exemple reste Justice League), les cas d’école se multiplient, mais peu d’entre eux peuvent se targuer de rivaliser avec Solo, spin-off consacré au plus célèbre pilote de la galaxie. Tout d’abord confié aux joyeux lurons Phil Lord et Christopher Miller (réalisateurs des excellents LEGO Movie et 21/22 Jump Street), Solo a finalement fini sa vie entre les mains expérimentés de Ron Howard, vierge de tout blockbuster depuis ses débâcles avec la Tour Sombre (la boucle est bouclée). Comme tout bon film maudit qui se respecte, la réception de Solo fut particulièrement sévère. Et on doit dire qu’on a un peu de mal à comprendre pourquoi !

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Bande-annonce en VOST

Notre avis sur Solo

A l’époque (en 2016), Rogue One nous avait frappé par son aspect anecdotique. En se focalisant sur un seul petit pan de la chronologie Star Wars, Gareth Edwards limitait forcément l’impact de son film, empêchant toute forme de développement concret. On savait pourquoi on y allait, et on savait d’avance avec quoi on allait ressortir. Dans le cas de Solo, le constat est un peu différent. S’il semble évident que le film ne marquera pas autant qu’un épisode « chiffré », il n’empêche que les scénaristes montrent une véritable volonté de raconter quelque chose, d’étendre l’univers de Star Wars à travers un film qui ne serait pas juste un bouche-trou. Cela passe avant tout par une écriture simple mais efficace. On retrouve un Han Solo fidèle à ce qu’il deviendra plus tard, ainsi qu’une brochette de personnages tous bien caractérisés, avec une mention spéciale à L3, droïde militante à la langue bien pendue, auteure des plus belles répliques de ce spin-off. Cette simplicité est aux services d’une véritable aventure. On a presque l’impression de regarder un Indiana Jones dans l’espace, avec ce que ça implique comme péripéties et rebondissements. Dans un certain sens, c’est probablement l’un des épisodes les plus proches du ton de la saga originelle que Ron Howard nous offre.

Sa mise en scène très classique (c’est Ron Howard quoi) profite d’un rythme enlevé qui permet d’éviter toute forme d’ennui. De la première partie très urbaine (sublime Corellia) au soulèvement des machines des mines de Coaxium, Solo ne souffre d’aucun temps mort. Il réussit même en une seule scène de guerre à faire mieux que Rogue One en la matière, lui qui revendiquait son caractère très belliqueux. Un comble. Certes, il n’y a pas ce petit quelque chose qui donne la chair de poule, cette ampleur qui fait d’un Star Wars un Star Wars. Mais fallait-il que ce soit le cas ? A-t-on besoin que Solo soit un Star Wars comme les autres, sans sa propre identité et ses propres enjeux ? Nous pensons que non. Le film se crée un sillage qu’il ne quitte jamais, avec à la clé une aventure auto-contenue parfaitement valable prise en dehors de son matériau de base.

On regrettera tout de même une Emilia Clarke très en retrait par rapport aux autres interprètes. Jamais vraiment en phase avec ses partenaires, elle erre dans chacune de ses scènes, sans véhiculer la moindre émotion. C’est d’autant plus dommage qu’en dehors de ce faux pas, le casting fonctionne très bien. Notez aussi que la musique est particulièrement réussie. Tout le passage avec le convoi est accompagné par des choeurs et des effets visuels pour le coup assez réussis. Quelques incrustations sont ratées, comme d’habitude on est tenté de dire, mais rien de bien méchant. Dans l’ensemble, Solo tient la dragée haute à de nombreux autres blockbusters.

A la question « Faut-il sauver Solo ? », nous répondons un grand « oui ! ». Parce que ce spin-off sans prétention a tout du divertissement réussi. Drôle, bien écrit, respectueux des fans sans jamais être putassier, le film de Ron Howard offre exactement ce qui était promis. Peut-être pas un vrai bon Star Wars comme ce qu’on pouvait éventuellement espérer, mais un vrai bon moment de cinéma grand public comme on les aime !

Détails

Solo - A Star Wars Story Couverture du livre Solo - A Star Wars Story
Ron Howard
Alden Ehrenreich, Donald Glover, Emilia Clarke
Disney
23 mai 2018
250 millions $

Embarquez à bord du Faucon Millenium et partez à l’aventure en compagnie du plus célèbre vaurien de la galaxie. Au cours de périlleuses aventures dans les bas-fonds d’un monde criminel, Han Solo va faire la connaissance de son imposant futur copilote Chewbacca et croiser la route du charmant escroc Lando Calrissian… Ce voyage initiatique révélera la personnalité d’un des héros les plus marquants de la saga Star Wars.

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