Skyscraper (Rawson Thurber, 2018) : la critique

Un peu à la façon de Marvel, qui n’en finit plus de coloniser les écrans de nos salles obscures, Dwayne « The Rock » Johnson poursuit sa carrière d’acteur bankable au sommet d’Hollywood. Rarement on a eu l’occasion de voir une star gérer sa reconversion aussi brillamment, au point de découvrir l’ex-catcheur au cinéma 3 ou 4 fois par an. Depuis juin 2017, c’est-à-dire en un peu plus d’un an, les spectateurs ont eu l’occasion de le voir tour à tour dans Baywatch, Jumanji 2 et Rampage. Trois films bourrés de finesse et de poésie, qu’on prendrait plaisir à revoir si le temps ne nous manquait pas déjà pour voir tous les films qui sortent. Heureusement, nous avons eu l’occasion de découvrir un quatrième larron, Skyscraper, équivalent unijambiste du génial Piège de Cristal de John McTiernan sorti il y a 30 ans. Malheureusement, Skyscraper montre que The Rock n’est plus suffisant pour faire un chouette « Rock movie » !

Bande-annonce en VF

La critique de Skyscraper, par Alexandre

Voir un film avec The Rock, c’est s’assurer de passer moins de 2 heures devant un spectacle testostéroné jusqu’à la moelle, extrêmement grand public et au minimum divertissant. Skyscraper ne déroge pas à la règle. Dwayne Johnson y incarne un spécialiste de la sécurité chargé d’examiner la fiabilité d’un immeuble haut de 1 kilomètre, dans lequel se trouve à peu près tout ce qu’un être humain pourrait avoir envie de caser dans une pièce : des parcs, des maisons, des éoliennes et plein d’écrans 4K. Dommage pour notre consultant, il se trouve que de vilains méchants s’attaquent à la tour alors que sa famille y siège encore. C’est une parfaite occasion pour The Rock de nous montrer l’étendue de ses talents, mais avec une jambe en moins cette fois-ci.

Il est impossible de ne pas penser à plein d’autres films en lisant ce pitch : Piège de Cristal comme nous le disions plus haut, La Tour Infernale de John Guillermin ou encore Backdraft de Ron Howard. Un joli melting-pot pour un film qui, bizarrement, manque d’identité. De folie. De « Rockerie » oserait-on dire. Voyez-vous, ce qui faisait la force d’un Rampage, aussi concon soit le film, ce n’était pas uniquement The Rock, c’était tout ce qui gravitait autour de lui. Les monstres, les punchlines, le jusqu’au boutisme de sa stupidité : c’était le summum du plaisir coupable (malgré des baisses de rythme évidentes). Skyscraper ne sait pas trop sur quel pied danser. Trop sérieux pour être un vrai plaisir coupable, trop bête pour être réellement prenant, il marque surtout par une forte absence de réel.

The Rock fait le pitre sur une grue, sur une façade, et ainsi de suite. Mais y croit-on ? Le film est pollué par une nuée de SFX, ce qui sied plutôt mal à son sujet. Dans Rampage, c’était normal de crouler sous les effets spéciaux, on parle d’un loup géant volant après tout. Ici, non. Le sujet est plus sérieux, moins fantastique. Sans non plus pousser Dwayne Johnson à jouer les Tom Cruise sur les versants du Burj Khalifa, il aurait été intéressant de miser moins sur le numérique, pour apporter une pointe de crédibilité à l’ensemble. Il est toujours sympathique de voir l’acteur faire le mariole à droite et à gauche, mais à quoi bon ? Le film n’est ni vraiment drôle, ni vraiment tendu, sans pour autant être équilibré entre les deux. On retrouve bien quelques piqûres de rappel quant à la nature du projet, à travers une poignée de répliques sympathiques ou une exagération de tous les instants (le coup de la sphère est à la limite du génie), mais c’est trop peu pour emporte pleinement l’adhésion.

Nettement mieux fini qu’un Rampage, Skyscraper réussit quand même à se prendre les pieds dans le tapis et à ne rien proposer de plus que ce que tout blockbuster moderne un peu médiocre propose : une histoire peu intéressante, parcourue de péripéties prévisibles, illustrée par une bouillie de CGI, sur fond de musique assourdissante, sauvée in extremis par un acteur qu’on a connu plus amusant à regarder. Pas honteux, ni ennuyeux, mais tout juste passable !

Envie de voir d’autres « Rock movies » ?

Si amateur de Dwayne Johnson comme nous vous êtes, alors un certain nombre de critiques vous devriez lire ! Dans les colonnes de Good Taste Police, nous avons déjà évoqué Baywatch à travers un crossover fendard avec les Brouillons du Cinéma ou encore Jumanji 2. Mais nous avons aussi eu l’occasion de le redécouvrir en Hobbs dans Fast and Furious 8. Bon, on n’a pas eu l’occasion de parler de Rampage mais nous pourrions corriger ce tort, non ?

Skyscraper Couverture du livre Skyscraper
Rawson Marshall Thurber
Dwayne Johnson, Neve Campbell, Chin Han
Universal Pictures
11 juillet 2018
125 millions

Will Sawyer, ancien leader de l’équipe de libération d’otages du FBI, ancien vétéran de guerre, et maintenant responsable de la sécurité des gratte-ciels est affecté en Chine. Il découvre le bâtiment le plus grand et le plus sûr du monde soudainement en feu et est accusé de l’avoir déclenché. Désormais considéré comme un fugitif, Will doit trouver les coupables, rétablir sa réputation et sauver sa famille emprisonnée à l’intérieur du bâtiment…au-dessus de la ligne de feu.

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