Couverture de Searching (Aneesh Chaganty, 2018)
Searching : Portée Disparue ©Sony Pictures

Searching (2018), notre critique : la fibre hitchcockienne ?

Pour Timur Bekmanbetov, réalisateur de l’hilarant remake de Ben-Hur, le genre dit du “Computer Screen Movies” semble être sa conception de la révolution cinématographique. A un tel point qu’il souhaite en produire une dizaine. Pourtant, avec l’histoire de ce père à la recherche 2.0 de sa fille disparue, on constate qu’un seul film suffit à faire le tour avec Searching – Portée Disparue, production qui a tendance à ramer dès les dix premières minutes.

Bande-annonce

L’avis de Victor sur Searching

Sur le papier, ou plutôt pourrait-on dire sur le PDF, ce thriller virtuel avait le mérite d’avoir un parti-pris original. Là où d’autres productions de ce genre, tels que Unfriended (produit par Jason Blum) ou Open Windows allaient vers un registre fantasque, cette réalisation de Aneesh Chaganty adopte une approche plus réaliste. Une adolescente est soudainement portée disparue, laissant derrière elle son ordinateur et une identité virtuelle qu’un père de famille (John Cho) va éplucher pour mener l’enquête. Un dispositif forcément prometteur pour étudier un nouveau régime d’images dans un registre “mainstream” mais qui semble avoir chopé un mauvais virus.

Parce qu’en fin de compte, Searching se révèle n’être qu’un mauvais épisode à concept de Esprits Criminels que le véritable thriller Hitchcockien sur-vendu dans la bande-annonce. Il s’agit très rapidement d’un “whodunit ?” dont on devine facilement la résolution et non d’une réflexion sur un nouveau type d’écran. Le film émet des pistes intéressantes, comme un saut dans le temps entre une interface Windows XP et un MacBook plus moderne, mais préfère se vautrer dans les remarques faciles du type “sa fé réflaichir” sur les réseaux sociaux. Le film va ainsi pointer du doigt l’hypocrisie des médias et des utilisateurs de ces mêmes réseaux, plus soucieux de parfaire leur image plutôt que faire avance l’enquête. La camarade de classe créant le buzz pour pleurer sa fausse “meilleure amie”, les hashtags et autres memes accusant le père de famille, les chaînes d’informations braquant leurs caméras sur n’importe quel détail de l’enquête : tout défile devant nos yeux sans que l’on apprenne quelque chose. Un discours sur le “double numérique” donc, aussi subtil qu’une campagne de prévention qu’on diffuserait sur les chaînes de télévision.

Searching a préféré miser sur la carte du thriller grand public qu’un film plus profond sur cette technologie. Et cela même jusque dans sa mise en scène ! Unfriended usait de l’écran d’ordinateur pour créer une atmosphère froide et inquiétante, le cadre étant limité à une simple conversation Skype possédée par un démon. Ici, on sort une bande originale tonitruante lors de la moindre séquence supposément tendue, ainsi qu’un abus de gros plans sur chaque recoin de l’écran. Tout est livré au spectateur, sans qu’il ne puisse jamais s’impliquer.

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Cliquez ailleurs pour rechercher une étude plus approfondie sur les réseaux sociaux ! Le dispositif de Searching n’est rien de plus qu’un argument promotionnel faussement audacieux, voué à masquer une réflexion aussi datée qu’un Minitel (là où on était en droit d’attendre une bête de course).

Toutes les images appartiennent à ©Sony Pictures.

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