Critique de Sale temps à l'hôtel El Royale (2018)
©Twentieth Century Fox France

Sale temps à l’hôtel El Royale (2018), la critique

Wild Frontier

Affiche de Sale temps à l'hôtel El Royale (2018)
Release Date
7 novembre 2018
Réalisateur
Drew Goddard
Casting
Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Chris Hemsworth
Distributeur
Twentieth Century Fox France
Budget
32 millions $
Our Score
4

Quand il n’est pas occupé par les séries Marvel de Netflix ou les films des autres, Drew Goddard prend un peu de temps pour lui. Il écrit, beaucoup, et réalise, un peu. Nous découvrîmes ses talents de metteur en scène en 2012, lors d’une petite virée dans les bois en compagnie de Chris Hemsworth et ses amis. La cabane dans les bois était en quelque sorte une démonstration de la part de Goddard, qui s’amusait à démonter les codes horrifiques pour mieux rendre homme au genre. Au vu de cette première réussite, il était évident que son nouveau long-métrage, Sale temps à l’hôtel El Royale, serait attendu au tournant. Rassurez-vous, cet étrange mélange entre Les 8 Salopards et The Grand Budapest Hotel est loin, très loin de décevoir…

Un hôtel El Royale plein de surprises

Structure chapitrée, dialogues ciselés, espace confiné : Sale temps à l’hôtel El Royale a des airs de Tarantino modéré. Impossible de ne pas faire quelques liens entre cette nouvelle réalisation et le dernier long-métrage en date du Tennesséen déglingué. Cependant, cette comparaison est un peu trop facile, pour ne pas dire insultante pour Drew Goddard, qui contrairement à Tarantino ne s’étale pas en scènes de dialogues interminables et met son puzzle en place très rapidement. Parce qu’il s’agit bien d’un puzzle, constitué de plusieurs points de vue et de temporalités différentes. Le montage passe d’un personnage à l’autre avec une aisance assez folle, permettant au spectateur de ne jamais perdre le fil tout en injectant à la formule une grosse poignée de surprises.

Drew Goddard ne cède jamais à la facilité et s’amuse à lancer des fausses pistes régulièrement. Dès que l’intrigue semble se tasser, le bonhomme rajoute une quille au beau milieu des attentes du spectateur dans sa jonglerie. Autrement dit, on sent que Goddard maîtrise son scénario à la perfection et c’est dans ce genre de situation que l’on constate à quel point il peut être bon de voir un auteur mettre en scène sa propre écriture. Le rythme est admirablement bien géré, avec des ruptures de ton bienvenues et des twists jamais inutiles, et surtout la mise en scène est totalement au service de la narration. Sale temps à l’hôtel El Royale n’a rien de linéaire sans pour autant être tarabiscoté. C’est juste fluide, beau et extrêmement habile.

Quand en plus le réalisateur sait aussi bien s’entourer, c’est le jackpot. Chris Hemsworth, Jeff Bridges, Jon Hamm, Dakota Johnson, autant de belles gueules taillées pour les rôles qui leur sont attribués. Pourtant, c’est bien un acteur qu’on ne voit jamais qui ici fait le plus d’effet : le chef opérateur. Seamus McGarvey fait un travail formidable sur l’esthétique du film, à coups de longs travellings, de superbes jeux de couleurs et d’une attention particulière sur la profondeur des décors. Il y a là de quoi se délecter pendant les 2H20 du film !

Jamais aussi lourd (dans son écriture) que les 8 Salopards sans pour autant prendre les sujets évoqués trop à la légère, Sale temps à l'hôtel El Royale fait preuve d'un ludisme finalement peu surprenant de la part de son auteur/réalisateur. On l'attendait pour ses espiègleries, Drew Goddard confirme tout le bien que l'on pensait de lui, avec son intrigue à tiroirs aussi divertissante qu'un bon jeu de société. Le fond est prenant, la forme suit, que demander de plus ?
On l'aime pour...
L'habileté du scénario
Le casting et la BO d'une classe folle
La photographie de Seamus McGarvey
Même si...
Un peu long tout de même
4

Bande-annonce en VOST

Bande originale sur Spotify

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