Des acteurs devenus réalisateurs, il y en a à la pelle. Jodie Foster, George Clooney, Ryan Gosling, Patrick Sebastien, autant de noms plus ou moins prestigieux qui ont décidé à un moment ou à un autre de passer derrière la caméra. A cette longue liste s’ajoute aujourd’hui le nom de Michèle Laroque, après une campagne de financement participatif réussie, avec Brillantissime, adaptation d’une pièce avec Michèle Laroque. Récapitulons : Michèle Laroque joue le personnage principal d’un film qu’elle réalise et tiré d’une pièce dont elle jouait déjà le personnage principal. Ego trip ? Possible. Catastrophe industrielle ? Clairement.

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Brillantissime

Angela, bourgeoise blanche, a des problèmes. Du coup, elle parle à son chien, parce que son mari la quitte. Et quand elle peut, elle rend visite à son psy ou raconte simplement ses problèmes au marchand en bas de chez elle. Elle parle, elle parle. Mais jamais n’écoute. Régulièrement, elle se plaint auprès de la caution colorée du film, des femmes asiatiques, femmes de ménage et rien de plus. En un mot comme en cent : Angela est détestable. Dans un Dupontel, on aurait adoré la détester. Dans un Laroque, on veut nous faire croire qu’elle est gentille.

L’actrice incarne un personnage antipathique au possible. Égocentrique, bête, raciste, Angela concentre un nombre hallucinants de défauts sans même s’en rendre compte. Du coup, on se dit que sur la durée du film, elle va progresser, pour dire d’en faire un personnage sympathique. Et bien non. Apparemment, c’est une chic femme en l’état, alors pourquoi la changer ?

A l’écriture pathétique, on ajoutera un humour sans queue ni tête. Si on sourira à la seule et unique apparition d’un Pierre Palmade toujours attendrissant, l’utilisation du franglais à la Kev Adams et les quelques autres ressorts « comiques » (c’est un bien grand mot) finiront d’achever les derniers résistants à ce festival de moi, moi, mes amis, moi, mon chien, moi, moi, ma ville, moi, moi.

On a essayé, vraiment. On voulait lui laisser sa chance à ce Brillantissime, imaginant que Michèle Laroque serait tout au plus inoffensive avec une caméra entre les mains. Pourtant, à l’arrivée, rarement vous ne rencontrerez un tel décalage entre les meilleures intentions du monde et le résultat le plus nauséabond qui soit. Un peu comme si Sean Penn se mettait en tête de parler de la guerre en Afri- oh, wait !

Notre rencontre avec Michèle Laroque

Nous remercions Kinépolis et le Quotidien du Cinéma pour la rencontre, ainsi que Michèle Laroque pour sa disponibilité.

Détails

Brillantissime, Michèle Laroque - Poster

Réalisatrice : Michèle Laroque
Casting : Michèle Laroque, Kad Merad, Gérard Darmon
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 17 janvier 2018
Budget :

Le baromètre Good Taste Police :

Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante ado. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. Le choc ! Angela n’a plus d’autre choix que celui de se reconstruire… et ce n’est pas simple avec une mère tyrannique, une meilleure amie hystérique et un psy aux méthodes expérimentales.

 

 

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