Couverture de La Prophétie de l'horloge (Eli Roth, 2018)
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La Prophétie de l’horloge (2018), la critique : Amblin Fever !

Après la mort de ses parents, un jeune garçon voit débarquer dans sa vie un oncle excentrique qui va lui enseigner la magie pour affronter un esprit malfaisant. De ce point de départ, on a envie de dire « Déjà fait ! » et pourtant, qui voit-on au générique de cette Prophétie de l’horloge ? Jack Black, Cate Blanchett et Kyle MacLachlan ? Et surtout, Eli Roth à la réalisation de ce projet mené par Amblin ? Oui oui, le réalisateur de Hostel et Knock Knock est à la tête d’un film pour enfants. Et le voir pervertir l’éternel produit de studio d’adaptation littéraire est un régal !

Bande-annonce

La Prophétie de l’horloge, quand Knock Knock se transforme en Tic Tac…

Bon, on va se calmer tout de suite. Eli Roth n’a pas non plus craqué chez Amblin en signant une œuvre gore. A vrai dire, le réalisateur se penche plus vers un travail proche de celui d’un certain J. J. Abrams. Comme dans Super 8, Eli Roth s’approprie un genre afin d’évoquer différentes thématiques émotionnelles tels que la solitude ou le deuil. Ceci est traité sobrement sans sortir les violons. Le réalisateur respecte le cahier des charges d’une production de ce genre sans jamais paraître forcé. En prenant un matériau de base accessible, celui du jeune héros se surpassant dans des péripéties fantastiques pour affronter ses problèmes, il fait preuve d’un classicisme plutôt surprenant et adapté à ce qu’il tente de raconter. Au début en tout cas…

Car plus on s’aventure dans cette féerie étrange, plus le film quitte les états d’âme pour devenir une grande foire hantée ! Imaginez une seule seconde la maison de Pee-Wee Herman (déjà effrayante pour une émission pour enfants, certes) traitée comme une maison de l’horreur. C’est dérangeant n’est-ce pas ? Et c’est pourtant cette bizarrerie qui donne un cœur à ce film Amblin ! Le « genre » cinématographique intéresse plus Roth que l’émotion. On voit qu’il connaît bien le terrain et s’en donne à cœur joie pour donner la chair de poule à son public. Entre un canapé vivant comme un animal domestique, une séquence de résurrection terrifiante proche d’un film de la Hammer et un florilège d’humour noir, il est clair que la régression du cinéma de Roth surgit insidieusement dans ce film pour la famille. Une fantaisie transmise aux performance des acteurs, qui s’amusent comme dans un tour de manège à la fête foraine du coin. Jack Black se transforme en bébé et jette des boules de feu, Cate Blanchett donne des coups de boules à des citrouilles vivantes pendant que Kyle MacLachlan joue un zombie machiavélique aux airs de Gardien des Contes de la crypte.

Ce divertissement magique en forme de train-fantôme saura ravir petits et grands. Ne manquant pas d’humour mordant et d’aventures, cette petite parenthèse de la part d’Eli Roth fait preuve d’audace et de renouvellement quant à la nostalgie d’un genre quasiment disparu. Réglez vos montres et embarquez sans hésitation pour découvrir La prophétie de l’horloge !

Toutes les images appartiennent à ©Universal.

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