Mission : Impossible – Fallout (Christopher McQuarrie) : la critique

A la sortie de Protocole Fantôme, retour inespéré de la saga Mission : Impossible au sommet du cinéma d’action grand public, je me demandais comment les équipes pourraient faire mieux. Puis déboula Rogue Nation, à l’issue duquel je me posais exactement la même question. Après être littéralement ressuscité sous nos yeux, Ethan Hunt avait-il encore des choses à nous offrir ? Christopher McQuarrie, de retour derrière la caméra pour Fallout, semble penser que oui, et j’aurais bien tort de le contredire.

Bande-annonce en VOST

La critique de Mission : Impossible – Fallout par Alexandre

Loin des galipettes aériennes de l’introduction de Rogue Nation, les premières minutes de ce Mission : Impossible – Fallout sont calmes, pour ne pas dire reposantes en comparaison de ce qui suivra. Pourtant, dès cette ouverture, les enjeux de cet épisode sont posés, non pas à travers la traditionnelle énonciation de la mission, mais plutôt en se focalisant sur un livre : L’Odysée, d’Homère. Un simple plan qui pourrait sembler anodin à première vue, mais qui définira l’intégralité de ce sixième épisode : Fallout érige définitivement Ethan Hunt en héros mythologique, ni plus, ni moins.

On retrouve bien entendu tous les ingrédients qui font d’un Mission : Impossible un bon Mission : Impossible, à savoir les agents doubles, les cascades, la variété, l’urgence. On notera d’ailleurs qu’après avoir doucement fait perdre du terrain au ludisme pour une certaine brutalité dans Rogue Nation, Christopher McQuarrie enterre pour de bon la vision de Brad Bird (plus ludique) au profit de la sienne. Les gadgets et les situations improbables laissent place à des scènes plus brutes de décoffrage, comme cette baston magistrale dans des toilettes, que même Martin Campbell pourrait envier. Cependant, vu comme ça, Fallout n’apparaîtra que comme un simple Mission : Impossible de plus, aussi brillant soit-il.

Ce serait sans compter sur Tom Cruise, pour qui la saga est devenu une sorte de test. L’acteur ne cesse de repousser ses limites, physiques avant tout, juste pour le plaisir du spectateur. La moindre cascade crée une implication physique hallucinante, que McQuarrie maîtrise à merveille. Ethan Hunt semble immortel, incapable d’échouer, magnifié par une photographie sublime. Je pense par exemple à ce passage dans l’avion, durant les premières minutes, où, prêt à faire un saut de 7,5 km d’altitude (et il l’a fait), l’espion contemple les nuages parcourus d’un violent orage, qu’il survole. Ça relève presque du fantastique tant l’imagerie insiste sur tous les instants de gloire du héros. On en vient presque à regretter des seconds rôles plus que jamais occupés à supporter le personnage principal, pour ne pas dire complètement effacés de la pellicule. Petite pensée pour Jeremy Renner, qui nous refait le coup de Hawkeye, mais dans Mission : Impossible cette fois.

On ne sait pas où cette saga va s’arrêter. Plus sombre, plus mature, Fallout montre aussi quelques faiblesses dans la répétition de certains effets. Pourtant, il est impossible de ne pas jubiler face à un spectacle aussi fabuleusement enragé, entièrement dévoué à l’aura de son interprète principal, dernière grande star d’Hollywood. Tom Cruise est-il immortel comme son alter-ego sur le grand écran ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’est pas près d’en avoir fini avec lui !

Mission : Impossible - Fallout Couverture du livre Mission : Impossible - Fallout
Christopher McQuarrie
Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson
Paramount Pictures
1er août 2018
150 millions $

Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous …Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt, accompagné de son équipe de l’IMF –Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.

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