Critique de Millenium : Ce qui ne me tue pas (2018, Fede Alvarez)
©Sony Pictures

Millenium – Ce qui ne me tue pas (2018), la critique

Un thriller qui en Fede tonnes...

1.5
My name is Beth, Lis Beth.
Croisement improbable entre l'ignoble Le bonhomme de neige et un James Bond (pas Skyfall, plutôt Meurs un autre jour), le Millenium nouveau nous a complètement laissés de glace en jettant aux oubliettes tout ce qui faisait le sel du remake de David Fincher.

Affiche de Millenium : Ce qui ne me tue pas (2018, Fede Alvarez)
Release Date
14 novembre 2018
Réalisateur
Fede Álvarez
Casting
Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks
Distributeur
Sony Pictures
Budget
43 millions $
Possible « unopular opinion » : je considère le Millenium de 2011 comme le meilleur film de David Fincher. Il y matérialisait tout son savoir-faire, pour un thriller singulier et glaçant, parfaitement incarné par des acteurs au sommet et parcouru de scènes marquantes. Bien évidemment, comme tous les films de Fincher, ce remake américain fut couronné par la critique. Moins par le public, provoquant un semi-bide qui poussa Sony à revoir ses plans concernant la franchise. Relégué au placard durant 7 ans, le magazine Millenium revient sur le devant de la scène en 2018 avec un budget divisé par deux et un nouveau metteur en scène à la barre, Fede Álvarez, que l’on connaît pour son remake de Evil Dead et surtout l’excellent Don’t Breathe. Vous croyez bien qu’en 7 ans, ils ont eu le temps de peaufiner leur formule. Ben voyons !

Millenium : Ce qui ne me tue pas est une sorte de reboot du remake. On éjecte les anciens acteurs pour en sélectionner de nouveaux et on zappe les deux derniers opus de la trilogie de Stieg Larsson pour adapter le quatrième livre de la saga Millenium, écrit par David Lagercrantz. On y retrouve une nouvelle fois la célèbre Lisbeth Salander, la femme qui fait du mal aux hommes qui n’aimaient pas les femmes, cette fois-ci plongée au coeur d’un techno-mystère impliquant le destin du monde. Rien que ça. Piratage, rebondissements tirés par les cheveux, méchants blonds à la chevelure gominée, on a parfois l’impression de se retrouver dans un James Bond de mauvaise facture que dans un thriller nordique malsain. Je rappelle que le Millenium de 2011 parlait d’un « simple » problème de famille, que l’on découvrait au fil d’une enquête passionnante par le maître en la matière.

Dans ce reboot, Fede Álvarez ne sait pas quoi faire. Ses plans soignés (magnifique première apparition de Lisbeth) sont charcutés par un montage trop pressé, soucieux de caser en moins de 2 heures une intrigue fouillée mais complètement conne et trop nanardesque pour son traitement premier degré. On se demande même si on aurait préféré que le film prenne plus son temps, quitte à développer proprement toutes les idées stupides du scénario, ou qu’il soit encore plus rapide, pour ne pas avoir à en subir toutes les énormités. Tous les personnages sont ici réduits à leur plus simple expression, dénués de la moindre nuance. La palme de l’inutilité revient tout de même à Mikael Blomkvist, aussi absent que mal interprété par Sverrir Gudnason.

Pourtant, il est difficile de tout mettre sur le dos du réalisateur uruguayen. On ne retrouve sa patte que par petites touches uniquement, entravé par un scénario indigeste qui ne le laisse pas exprimer tout son talent en matière d’idées visuelles. Ce sont les producteurs qui ont ici une plus grande responsabilités, incapables de savoir quoi faire avec la licence depuis des années. On est dans l’exploitation sous sa forme la plus simple. Sans personnalité. Sans génie. Sans Fincher quoi.

Bande-annonce en VOST

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