CRITIQUE // Jumanji – Bienvenue dans la Jungle, de Jake Kasdan

Vous connaissez la réponse de n’importe quelle personne lors de l’annonce d’un remake de Jumanji ? Nous oui. Le projet a de quoi laisser dubitatif : The Rock, nouvelle coqueluche des studios, sur une suite/refonte du film de notre enfance (pour les gosses des années 90). N’était-ce pas un peu suicidaire ? C’est d’autant plus drôle que le film fut confié au réalisateur de Bad Teacher et Sex Tape, le bien nommé Jake Kasdan. Maintenant, le tout est de savoir si le bonhomme s’est bel et bien cassé les dents sur ce Jumanji : Bienvenue dans la jungle…

Résumé (pris sur Allociné)

Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji…

Ce qu’on a pensé de Jumanji version The Rock

“Les règles ont changé”. La célèbre maxime de Transformers 4 peut être appliquée à pour ainsi dire tout ce qui touche à l’actualisation de vieilleries. C’est le cas pour Jumanji, qui est moins un reboot qu’une véritable suite. Par une opération du Saint-Esprit, le jeu de société vieillissant est changé en cartouche de jeu. Parce qu’un ado se demande qui joue encore à des jeux de société en 1996. Petit con. Bref, le jeu est mis au placard puis retrouvé par quatre ados trop mal écrits pour être sympathiques. La palme revient tout de même à la blonde superficielle, intermédiaire pour placer une pique de la taille d’un pylône d’éolienne sur les réseaux sociaux. En 2017, pour de vrai ?

Une fois dans le jeu, chaque ado insupportable découvre son avatar et doit se frotter à des règles vidéoludiques. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est une vraie bonne idée. Les PNJ, la carte, les items dans l’inventaire, les bases sont plutôt solides. Le réalisateur joue avec ces éléments pendant un temps puis…rien. De l’action. Encore de l’action. Toujours de l’action. Ah, et des vannes sur la virilité de The Rock, qui sont les meilleures vannes du film au passage. C’est dommage, ce Jumanji nouveau aurait pu jouer à fond la carte du détournement mais il ne le fait qu’à moitié (ou même qu’à un seul tiers).

D’autant plus que Jumanji ne joue qu’avec les règles qui l’arrangent. On aurait pu avoir une blague autour des paterns d’un boss, mais non. Il est bien plus drôle de régler ça façon cinématique QTE, sans les QTE et avec une grosse dose de Fast and Furious dedans. Oui, Jumanji est à peu près aussi mémorable que le Fast and Furious annuel. Pardon, aussi bas du front. Certes, il ne salit pas l’original (encore heureux). Mais il lui apporte tellement peu qu’on en vient à se demander pourquoi il existe. Le Jumanji de 1996 reste aujourd’hui un monstre de divertissement familial, un vrai plaisir régressif à placer aux côtés de Small Soldiers ou de Maman, j’ai raté l’avion. Mais non, il est visiblement bien plus drôle de loliser la licence en faisant des blagues sur la bite de Jack Black (véridique).

S’il n’est pas désagréable à regarder (il est même relativement divertissant le temps qu’il dure), Jumanji a bien du mal à trouver une légitimité. Sa contribution au paysage cinématographique, déjà saturé de productions à effets spéciaux pour geeks peu exigeants (on plaide coupable, on est fan de Transformers), est bien trop mineure pour marquer et justifier son existence. On se consolera avec les quelques patates de forain distribuées par notre ami bodybuildé.

Détails

Jumanji - posterRéalisateur : Jake Kasdan

Casting : Dwayne Johnson, Karen Gillan, Jack Black, Kevin Hart

Distributeur : Sony

Date de sortie : 20 décembre 2017

Budget : –

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