JSA (Park Chan-wook, 2000), couverture

JSA (Park Chan-wook, 2000) : la critique

Avant d’être remarqué par le Festival de Cannes avec Old Boy en 2004 et d’enchaîner les succès cultes auprès de ses aficionados, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook avait signé un autre électrochoc moins connu du public français. Son nom ? JSA, pour Joint Security Area. Un drame spectaculaire ressorti depuis quelques jours sur nos écrans par la Rabbia. Une sortie qui tombe à pic compte tenu de son sujet, à savoir la division tendue entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Bande-annonce en VOST

La critique de Joint Security Area (ou JSA) par Victor

Pendant la première partie du film, tout semble être préparé pour annoncer le style si démonstratif du réalisateur. On suit Sophie Jean, une enquêtrice suisse mandatée par les Nations Unies pour éclaircir la vérité face à un incident entre les deux Corées : dans un poste de garde, plusieurs coups de feu ont donnés la mort à plusieurs soldats nord-coréens. Comme dans un Rashômon d’Akira Kurosawa, plusieurs versions sont racontées selon les deux pays. Le réalisateur expose sa virtuosité à vriller les points de vue où chaque détail présent dans le cadre compte pour la suite. Mais une fois l’introduction passée, le film part vers quelque chose de différent.

L’enquête prend pause dans la narration et soudainement, le film bascule vers le flash-back. C’est à ce moment-là qu’on ressent le cœur vibrant de JSA, un drame terriblement humain sur une division que l’on ne comprend plus. C’est au cœur de ce conflit perdurant depuis plusieurs décennies que va naître l’amitié entre deux soldats du Nord et deux du Sud. Quatre soldats qui vont préférer se rassembler dans leurs points communs humains (le plaisir d’une cigarette, la musique et les blagues pour empêcher toute solitude) que sur leurs divergences idéologiques. En se focalisant sur cette relation, Park Chan-wook réussit insidieusement à créer un suspens pour comprendre ce qui s’est réellement passé et surtout, pourquoi. Au delà de la mise-en-scène, le ton si humain du film frappe par le jeu de ses comédiens : Song Kong-ho et Lee Byung-hun apportent chacun une densité impressionnante à ces soldats cassés.

[icon name= »star » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star » class= » » unprefixed_class= » »][icon name= »star-o » class= » » unprefixed_class= » »]

Virtuose sans être hermétique, JSA est un grand divertissement d’auteur et de qualité. Une tragédie capable de toucher chaque spectateur, dont on ressort, comme d’habitude devant un film du réalisateur, bouche bée.

 

Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed Instagram Feed
Plus d'articles
GTP, critique de Taxi 5 (2018)
CRITIQUE // Taxi 5, de Franck Gastambide