Les Indestructibles 2 (Brad Bird, 2018), couverture

Les Indestructibles 2 (Brad Bird, 2018) : la critique

C’était, en quelque sorte, le film de super-héros qu’on attendait le plus cette année : les retrouvailles avec la Famille Parr quatorze ans après leurs premières aventures. Une suite, encore une fois réalisée par Brad Bird, qui suscite des questions quant à la nécessité de ces retrouvailles. Pourquoi un second volet arrive si subitement et qu’apporte-t-il légitimement dans sa continuité ? On a pu voir Les Indestructibles 2 en avant-première, voici notre réponse à ces questions.

Bande-annonce VF

La critique des Indestructibles 2, par Victor

On retrouve les Indestructibles exactement là où nous les avions laissés : à la sortie d’un stade, prêts à combattre Le Démolisseur. Et à l’issue de cette ouverture, rien ne semble avoir changé : les super-héros sont toujours considérés comme des hors-la-loi, Mr Indestructible et Elastigirl semblent toujours en désaccord quant à la manière de vivre avec ce statut, une mystérieuse entreprise souhaite recruter les deux héros pour un travail pouvant les aider et bien sûr, un mystérieux super-vilain sème le trouble dans leur quotidien. Le tout en complémentant l’histoire par une succession de gags sur la vie quotidienne d’une famille de super-héros, Mr Indestructible ayant ici la seule mission de devenir père au foyer, s’occupant ainsi de Violette (doublée par la chanteuse Louane Emera, remplaçant ainsi Lorie), Flèche et Jack-Jack. Quatorze ans se sont écoulés et c’est toujours la même rengaine dans l’univers intemporel créé par Brad Bird

Brad Bird a donc toujours cette force pour dire des choses sur la « pop culture » dans le cadre de l’animation […]

Là où le premier volet des Indestructibles semblait prophétique quant à la considération toxique d’une certaine frange du public à l’égard de ses idoles en fiction (plusieurs tweets font ressurgir la toxicité de Syndrome, à un moment où une part de la communauté de fans de Star Wars devient de plus en plus néfaste), cette suite semble être inscrite dans notre époque : empowerment féministe en mettant au premier rang le personnage d’Elastigirl, héroïne centrale du film, réflexion habile sur notre nostalgie des super-héros et surtout, une charge certes peu subtile mais efficace -pour un film d’animation- sur la surimplantation des médias dans notre société avec ce méchant surnommé L’hypnotiseur, capturant ses victimes via divers types d’écrans. Brad Bird a donc toujours cette force pour dire des choses sur la « pop culture » dans le cadre de l’animation malgré une absence totale de surprise au sein du scénario, évoquée précédemment.

Une certaine amertume apparaît face à une suite paraissant au final plus opportuniste que passionnée. Néanmoins, la panache que Bird apporte au final sauve ce second volet du naufrage. Le réalisateur prouve toujours qu’il sait filmer de manière lisible des scènes d’actions spectaculaires, le tout avec un humour rendant ces retrouvailles divertissantes. L’animation a changé en 14 ans et si le design est toujours le même, un soin a été apporté pour que le film paraisse plus réaliste et moderne qu’à l’accoutumée. Et bien sûr, la musique de Michael Giacchino est parfaitement adaptée aux côtés punchy et rétro du film.

6/10

Il aurait certainement fallu laisser plus de temps aux studios pour peaufiner une suite qui, au final, frustre en raison de son potentiel non-exploité. La part d’enfant qui a grandi avec le premier film ne peut s’empêcher d’être émue par ce retour mais celle plus cynique et mature d’un âge adulte aurait aimé voir une vraie évolution plutôt qu’un air de déjà-vu. Les aventures de la famille Paar ne sont plus si Indestructibles au final…

P.S : Surtout, n’arrivez pas au retard ! Vous risqueriez de louper le merveilleux Bao, huit minutes muettes qui risquent de vous mettre la larme à l’œil en guise de court-métrage d’ouverture.

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