Critique, Hurricane de Rob Cohen

Vêtu de son peignoir parsemé de taches de bière, la couille droite tombant du slip, Rob Cohen était avachi dans son canapé trois places, et las. Las de ce cinéma d’action gentillet sans audace. Machinalement, il porta sa bouteille vide à ses lèvres, puis grommela. Soudain, Barbara Cohen fit irruption dans la pièce, laissant l’air s’engouffrer par la porte d’entrée. Rob, comateux, fut frappé par la bourrasque et tomba à la renverse. En se relevant, il s’aperçut qu’une idée avait germé.

« Mais oui putain, c’est ça ! Il nous faut un film de braquage pendant une tornade ! »

Hurricane naquit.

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Hurricane

Rob Cohen fait partie de ces réalisateurs qu’on aime bien, et surtout qu’on aime bien charrier. Réalisateur du premier Fast and Furious, du cérébral xXx ou encore du bide monstre Furtif, l’ami Rob s’est surpassé avec ce Hurricane. Mieux, on a presque envie de dire qu’avec ce film, il côtoie les dieux. Ceux du nanar, du n’importe quoi total, de la décomplexion abrutissante. Pour que vous compreniez pourquoi, nous allons vous poser un problème mathématique.

Quelle est la probabilité que sur tous les prénoms disponibles, un réalisateur choisisse le prénom Breeze pour un de ses personnages ? C’est faible. On ne l’avait jamais entendu auparavant. Mais alors quelles étaient les chances pour qu’en plus ce même Breeze soit l’un des personnages principaux d’un film de tornade ?! Ce n’est plus de la chance à ce niveau-là, ça tient bien plus du miracle !

Ce n’est qu’un aperçu de ce qui vous attend dans Hurricane. Ça commençait à peu près normalement, avec des scènes pas trop dégueus, quelques plans sympathiques et une intrigue somme toute convenable. Mais à partir d’un moment, Rob Cohen décide qu’il en a plus rien à foutre et lâche les lions. Les acteurs sont en roue libre, les scènes déglinguées se succèdent, à commencer par ce sublime passage dans un centre commercial où Toby Kebbell et Maggie Grace se retrouvent baladés comme des ballons de baudruche en pleine tornade, après s’être arrêtés 5 minutes pour pisser parce quand même, « avec toute cette flotte hein ».

Mais ça, c’est avant le final, qui se permet de se la jouer Mad Max – Fury Road, avec tout en moins : le budget, la maîtrise, la cohérence, TOUT. C’est juste moche et idiot et…drôle ? Hurricane n’est pas mauvais comme un American Assassin ou on ne sait quel film trop premier degré pour être divertissant. C’est un pur délire nanardesque, rempli à ras bord de scènes complètement perchées et indécentes. Du cinéma d’action tellement over-the-top qu’on se demande ce qu’il fout dans nos salles, alors qu’on devrait être reconnaissants d’y assister.

Entendons-nous bien, Hurricane est nullissime. Vraiment. Ce n’est pas un film, c’est une vaste blague. Mais surtout, il est génialement con. Sa débilité fait presque plaisir à voir, tant elle rend le tout savoureux. Dans les mains d’un John Moore, Hurricane aurait été une purge. Chez Rob Cohen, c’est simplement un cadeau divin. Il faut le voir pour le croire.

Détails

Critique, Hurricane de Rob Cohen

Réalisateur : Rob Cohen
Casting : Toby Kebbell, Maggie Grace, Ryan Kwanten
Distributeur : SND
Date de sortie : 28 février 2018
Budget : 35 millions $

Le baromètre Good Taste Police :

Profitant du plus gros ouragan ayant jamais touché les Etats-Unis, une équipe de braqueurs d’élite infiltre la plus grande réserve de billets des États-Unis. Leur objectif : un braquage exceptionnel de 600 millions de dollars. Dans la ville désertée, Casey, une des convoyeuses de fond, et Will, un météorologiste de génie, vont devoir unir leurs forces en utilisant les connaissances de Will pour survivre au milieu de cette « tempête du siècle » et empêcher ces voleurs impitoyables de parvenir à leurs fins.
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