hellboy 2019 critique
©Metropolitan

Hellboy, critique

hellboy 2019 affiche
Date de sortie
8 mai 2019
Réalisateur
Neil Marshall
Casting
David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane
Distributeur
Metropolitan Filmexport
Budget
50 millions $

Il n’aurait du être qu’un reboot parmi tant d’autres, aux côtés de Batman ou Spider-Man. Pourtant, le Hellboy nouveau de Neil Marshall fait chambre à part. Tout d’abord parce qu’il prend le relai d’un dyptique particulièrement apprécié, signé Guillermo Del Toro, mais aussi parce qu’il se traîne d’ores et déjà une sacrée réputation. Les critiques américaines n’y sont pas allées avec le dos de la cuillère, offrant à cette relecture un score de 15% sur Rotten Tomatoes. On le répète, RT n’est pas un indicateur universel. Néanmoins, quand tout le monde se met à s’acharner sur une oeuvre, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Dans le cas de Hellboy, c’est peu ou prou tout le film.

Voyage d’enfer ou au bout de l’enfer ?

En dehors de la totalité de la filmographie de Philippe de Chauveron, les films dont on sort sans n’avoir rien compris à ce à quoi on vient d’assister restent relativement rares. Hellboy est de ceux-là. Ni film de super-héros, ni comédie, ni film d’horreur, le dernier-né de Millenium Films (dont la réputation n’est plus à faire) est un bordel sans nom, incapable de se fixer sur une piste plus de deux minutes d’affilée. On y croise pêle-mêle un match de lucha libre, le Roi Arthur, une maison sur pattes ou encore un lion-garou. Autant d’éléments issus de la véritable mythologie de la BD Hellboy (même Hellboy au Mexique), parfaitement à leur place sur papier et vulgairement jetés à l’écran sans la moindre conviction, pour remplir la case « adaptation fidèle » sans se soucier de celle qui indique « film potable ».

Cette tendance à succomber facilement au remplissage facile ne fait que parasiter Hellboy sans pour autant l’enterrer. Le spectacle aurait pu tout simplement être à la fois surchargé et spectaculaire, voire, soyons fou, divertissant. Pour ça, il aurait fallu une direction. Une direction artistique, une direction d’acteurs. De quoi donner un sens à ce chaos corné. Rien à faire : Hellboy ne veut être qu’un simple produit de consommation de 2019. Quand il n’essaie pas de faire des blagues pour titiller les amateurs de Kingsman ou Deadpool, le paria rouge s’amuse à trucider des géants pour l’amour du sang. « Rated R », c’était l’un des arguments de vente lors des premières annonces. Sur ce point, on peut dire que le marché a été respecté, Hellboy offre tout un tas de scènes gores pour les amateurs d’hémoglobine.

Hellboy avis 2019
David Harbour et Sasha Lane ©Metropolitan

Démons démembrés, sorcières décapités, enfants dégustés, le film va plutôt loin, sans pour autant nous faire jubiler. Aussi numériques qu’inconsistants, tous ces passages n’apportent rien de plus qu’une simple justification pour la classification du film, de toute façon incompréhensible au vu du matériau de base. Hellboy, référence de l’horreur ? Certainement. De la tripaille fraîche ? Certainement pas ! Pourtant, il y a bien quelques bonnes idées de-ci de-là. On ne parle pas de cette bande-son très rock / métal parfaitement ringarde dans son utilisation (et c’est un fan de Mötley Crüe qui rédige cette critique) ou des faux plans-séquences absolument immondes, mais des trop rares fulgurances « Marshaliennes », ce nouveau naufragé du système hollywoodien, bien à la peine dans l’exercice du blockbuster sanguinolent. On est (très) loin du plaisir régressif d’un Doomsday ou du génie d’un Descent, néanmoins certains plans, certaines idées semblent tout droit issues de son esprit, deconnectées du reste du métrage. Hélas, ce n’est pas suffisant pour sauver Hellboy du naufrage, peu aidé par une technique défaillante, une écriture aux fraises et un final dénué de conséquences (c’en est même plutôt drôle).

On y croyait, on voulait que cette nouvelle incursion dans l'univers de Mike Mignola soit une réussite cachée, un film maudit mais appréciable. Il n'en est rien. Hellboy nous évoque au mieux un spin-off apocalyptique de Guitar Hero, sur lequel on aurait apposé un skin Ghost Rider ou Elektra. L'avantage, c'est qu'au vu du bide monstrueux que s'offre le film, on n'aura sûrement pas à se farcir la suite !
On l'aime pour...
Meilleur sur Spotify qu'au cinéma
Baba Yaga
Pas pour...
Bordélique à souhait
Particulièrement laid
Oublié 37 secondes après la fin du générique
1.5

Bande-annonce

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