Critique de Halloween (David Gordon Green, 2018)
©Universal

Halloween (2018), la critique

Affiche de Halloween (David Gordon Green, 2018)
Release Date
24 octobre 2018
Réalisateur
David Gordon Green
Casting
Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak
Distributeur
Universal Pictures
Budget
10 millions $
Our Score
2.5

Le Halloween original peut se targuer de faire partie de ces films qui ont (re)défini un genre, au même titre que L’Exorciste, Star Wars ou Die Hard. Son influence est telle que le slasher de John Carpenter semble inaltérable par le temps. Encore aujourd’hui, son minimalisme et son côté « musical horrifique » ont toujours un effet monstre sur les spectateurs. Malheureusement, de nombreuses suites, particulièrement ratées à partir du quatrième opus, ont suivi, sans jamais parvenir à retrouver le niveau de la pellicule-mère. Jusqu’à ce que Blumhouse décide de tout balayer d’un simple revers de la main, pour mettre en place la seule véritable suite officielle à Halloween, pour remettre la franchise sur de bons rails. Ironiquement, on se demande à la fin de la projection si une remise à zéro était bien nécessaire…

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Notre avis sur Halloween

Il y a quarante ans, John Carpenter nous faisait découvrir un tueur masqué, tranchant son chemin à travers les baby-sitters pour retrouver la seule et unique Laurie Strode. En 2018, Halloween nous ressort exactement la même formule. N’était-ce pas là ce qu’on attendait ? Un Michael Myers monolithique, adepte de la découpe, face à sa proie de toujours ? Peut-être, mais on était surtout en droit d’attendre plus que ce qu’Halloween a à offrir. Car ce que propose David Gordon Green n’a rien d’incroyable.

Halloween cherche autant à ressembler à l’original qu’à s’en détacher. On y retrouve le générique, la musique et la délicieuse ambiance automnale d’une belle fin d’octobre. Mais quelque chose cloche. On a plus l’impression de voir un hommage adapté aux standards de l’épouvante moderne qu’une véritable suite. Le long-métrage s’imagine malin en ressortant les mêmes plans, pour ne pas dire les mêmes scènes, en inversant la perspective ou en détournant la fin qu’on leur connaît. Subversif ? Irrévérencieux ? Pas vraiment. On parlera plutôt de paresse, un défaut d’autant plus handicapant qu’il s’agit de la suite d’un film révolutionnaire pour l’époque. Pire encore, on se surprend à découvrir un Michael Myers qui n’a plus grand chose à voir avec le Michael Myers d’antan dans ses frasques sanguinolentes. La brutalité a toujours été là, mais la mise en scène des meurtres ? Le fait de rentrer chez les gens pour tuer n’importe qui ? Le gore à l’écran ? Peu crédible. On est là plus dans une contrainte liée à l’époque, où tout doit être graphique, trash.

C’est là que réside la principale tare de ce nouvel Halloween. Même de nos jours, l’original paraît toujours aussi marquant, là où cette suite se contente de rester dans les clous, sans jamais déborder. Comme promis, le méchant est iconisé à l’extrême, pour quoi au final ? Pour une série de tueries sans grand impact, la faute à des personnages mal écrits. La palme revient au Dr. « wannabe » Loomis, victime d’un twist complètement con présent uniquement pour, encore une fois, renforcer le côté petit malin. C’est à cause d’une foule d’élément dérangeants de ce genre qu’Halloween déçoit, malgré quelques très belles idées. Faire de Laurie Strode une sorte de Sarah Connor traumatisée est un coup de génie (surtout en pleine ère #MeToo), tout de suite rattrapé par ce que le réalisateur en fait. La relation Strode / Myers est parasitée par des histoires secondaires dont on se fout royalement, qui ne servent qu’à mener à ce qu’on attend tous, c’est-à-dire la confrontation finale. Une confrontation plutôt réussie, sans être le sommet que l’on attendait, parce que le réalisateur ne fait que citer. C’est le mot. Halloween 2018 est rempli de citations issues de Halloween 1978. L’hommage est réel, l’exécution banale. Comme si David Gordon Green, conscient de toucher à quelque chose de sacré, s’empêchait de dépasser le cadre de la fan fiction de luxe.

En essayant de plaire aussi bien aux fans de l'original qu'aux adeptes de l'horreur contemporaine, Halloween se prend les pieds dans le tapis et ne réussit que partiellement sa mission. Michael Myers frappe fort, souvent dans le vide, pour une intrigue aussi limitée que celle de l'original, mais sans la qualité d'enrobage qui faisait passer la pilule à l'époque. On se demande ce que David Gordon Green apporte à la saga que ne proposait pas déjà Rick Rosenthal avec Halloween 2 en 1982. Pas grand chose, si ce n'est le cynisme typique des productions Blumhouse, pas forcément le bienvenu sur une saga aussi vénérable...
2.5

Bande-annonce VOST

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