detective pikachu film
©Legendary Pictures

Detective Pikachu, critique

Trop rapidement condamné à enchaîner les blockbusters ratés et les DTV, Ryan Reynolds bénéficie d’une aura des plus positives depuis quelques années, bien aidé par deux films Deadpool plutôt réussis. L’acteur est en tout cas devenu suffisamment apprécié pour s’attirer les faveurs de Legendary Pictures, qui a vu en lui la parfaite incarnation de la boule de poils jaune la plus célèbre du 20ème siècle : Pikachu. Un Pokémon qui parle ? Une idée saugrenue, ces bestioles sachant tout juste répéter inlassablement leur nom. Enfin, c’est ce qu’on pensait avant de découvrir avec stupéfaction que la tchatche de l’acteur canadien se prête plutôt bien à l’exercice.

Contrairement à ce que certaines légendes populaires racontent, tout le monde ne baigne pas forcément Pokémon. Tout le monde n’a pas connaissance de cet univers, des règles qui le régissent, de la logique Pierre-Feuille-Ciseau des combats, des CT, des CS, des Master Balls, etc. C’est tout un écosystème qui jusqu’à maintenant se limitait à une communauté de fans (aussi massive soit-elle) et faisait peu d’efforts pour s’étendre à une audience plus large. Detective Pikachu est une tentative sincère d’introduire les Pokémons aux néophytes, en minimisant la « technique » au profit de la dimension choupi de ces créatures.

Pour cela, l’action du film est placée à Ryme City, havre de paix dans lequel humains et Pokémons peuvent cohabiter en toute sérénité. De cette façon, le film se débarrasse de tous les éléments qui auraient pu sembler inutiles auprès des non-initiés, comme les Pokémon sauvages par exemple. Detective Pikachu ressemble moins à du Pokémon traditionnel qu’à un film de « néon-SF » façon Mute ou Blade Runner. C’est à la fois très étrange (surtout quand on a un jour foulé les terres de Kanto) et cinématographiquement logique. Les ponts avec le film de Ridley Scott / Denis Villeneuve ne s’arrêtent pas là puisque, Detective oblige, on y suit l’enquête de Tim et Pikachu, armé de sa loupe et son deerstalker. Pas de questionnement métaphysique ici, juste un parcours d’obstacles amusants et plein de rebondissements, adressé à toute la famille.

detective pikachu pokemon
Ludicolo ©Legendary Pictures

C’est d’ailleurs là que réside la plus grande réussite de ce Detective Pikachu : il parvient à s’adresser à tout le monde. Les amateurs ont leur lot d’easter eggs et références pas subtiles pour un sou, les néophytes n’ont pas de frein pour découvrir l’histoire, les enfants peuvent fondre face à leurs créatures préférées et les parents rire grassement en entendant les allusions sexuelles de Deadpool. Ou plutôt Pikachu. On comprend rapidement pourquoi Ryan Reynolds occupe cet éminent poste, il apporte une grosse louche d’inédit à une franchise qui, avant même d’arriver sur le grand écran, pouvait facilement être qualifiée de stagnante. Dès lors, on regrettera une histoire un peu trop prévisible et un final attendu, mais pas déplaisant.

Mignon, divertissant, lumineux : Detective Pikachu est un premier pas réussi dans l'univers du cinéma "live" pour The Pokémon Company. Rob Letterman trouve un équilibre juste entre pur fan service et spectacle grand public, sans jamais prendre ses spectateurs pour ce qu'ils ne sont pas. Un produit bien calibré donc, mais un "bon" produit.
On l'aime pour...
Pas pour...
3.5

Bande-annonce

detective pikachu affiche
Date de sortie
8 mai 2019
Réalisateur
Rob Letterman
Casting
Ryan Reynolds, Justice Smith, Kathryn Newton
Distributeur
Warner Bros
Budget
150 millions $
Notre score
3.5
Plus d'articles
Crawl, la critique