Good Taste Police, couverture de Deadpool 2 (2018)

CRITIQUE // Deadpool 2, de David Leitch

A la sortie de John Wick en 2014, on se demandait qui de Chad Stahelski ou de David Leitch, les deux réalisateurs, était le plus doué de la portée. Deux ans plus tard, un simple face-à-face entre John Wick 2 et Atomic Blonde réglait la question. Pourtant, nous n’avions pas envie d’enterrer le pauvre David trop tôt, lui qui se retrouve avec une belle brochette de projets sous le bras, dont ce Deadpool 2 et sa communication on ne peut plus envahissante. Esbroufe ou génie, notre coeur balance encore. Par contre, pour ce qui est du film, on sait vers quoi pencher !

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Deadpool 2

Le premier Deadpool était sympa. Bancal, mal shooté, mais attachant. Il avait pour lui ce petit tempérament de salle gosse qui agaçait autant qu’il régalait. On trouvait surtout qu’avec un tel personnage, il était dommage de se contenter d’un film si mineur, si contenu, là où le potentiel semblait illimité. Deadpool 2 corrige partiellement ces défauts.

Passons rapidement sur le gros point qui fâche : l’apport de David Leitch est inexistant. Si l’image bénéficie enfin d’une véritable palette de couleur, la réalisation se veut toute aussi générique. Pas toujours lisible et sans la moindre idée de mise en scène, Deadpool 2 ne s’apprécie pas vraiment pour ses visuels, sachant en plus que les SFX n’ont rien d’impressionnant. On se situe dans la moyenne basse de 2016, dans laquelle on trouvait déjà le premier opus à l’époque. Rien de dramatique, puisque ce dernier point peut être imputable au maigre budget. En revanche, pour l’audace dans la mise en scène, on repassera.

Maintenant, on peut attaquer le gros du morceau, le « pourquoi » du visionnage d’un film Deadpool : sa grande gueule. Et on doit avouer que les scénaristes n’y sont pas allés de main morte sur les dialogues. Encore plus verbeux, plus méta, plus irrévérencieux que son prédécesseur, ce Deadpool 2 mise tout sur sa verve inimitable. Et ça marche du feu de Dieu ! On pourra reprocher à Ryan Reynolds sa tendance à vouloir à tout prix être au centre de la scène, mais au vu des situations présentées, on peut clairement lui pardonner. De plus, si le scénario n’est pas beaucoup plus travaillé qu’avant, il a le mérite d’être bien plus agréable à suivre. Les différents sketchs s’imbriquent dans la narration de manière plus organique et le film s’offre même quelques détours inattendus (donc hilarants). Le traitement de la X-Force à lui seul vaut le détour.

Deadpool 2 a tout de la suite pas forcément bigger, mais définitivement louder. Plus grande gueule que jamais, l’anti-héros égratigne la sphère super-héroïque et plus globalement toute la pop culture dans la joie, la bonne humeur et les bains de sang. On regrettera toujours ce manque d’ambition (notamment sur le plan visuel) qui fait que même si on sera au rendez-vous pour la suite, on n’attendra rien de plus que des blagues et des démembrements. Comme d’habitude quoi.

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