CRITIQUE // Coco, de Lee Unkrich

Que vous soyez du côté du côté des éternels enthousiastes ou de celui des nouveaux sceptiques, le résultat est le même : Pixar vous a marqué, comme il a marqué le reste du monde. Auparavant rattaché uniquement à des chefs d’oeuvre, le studio a commencé il y a plusieurs années à donner des suites à quelques uns de ses long-métrages. Forcément, c’était vu d’un mauvais oeil. Tout le monde le sait, les suites, c’est chez les autres, pas chez Pixar. Bref, il n’est pas question de relancer le débat de savoir si oui ou non Pixar renaît une fois tous les deux ans, mais de savoir si Coco vaut le détour. D’un côté, on vous dira qu’il est génial, comme tous les films de Pixar. De l’autre, on vous dira que c’est bel et bien une renaissance.

Résumé (pris sur Allociné)

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révélera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Ce qu’on a pensé de Coco

Au premier abord, on pouvait craindre de Coco qu’il ne serait qu’une variante de la Légende de Manolo, sorti 3 ans plus tôt. Il faut dire que les films d’animations basés sur le folklore mexicain ne sont pas légion. Sauf que l’on parle de Pixar et que si le studio a succombé à l’art de la suite facile, il aurait été très surprenant qu’il s’adonne à l’art de la repompe. Ainsi, Coco est aux antipodes de Manolo. Point d’histoire d’amour ici, Coco est un film qui traite avant tout de la famille, une famille aussi aimante que castratrice. A partir d’une intrigue très (trop) prévisible, Lee Unkrich développe toute une réflexion sur la filiation, mais aussi l’oubli, la mémoire, le souvenir, l’héritage.

Toutes ces thématiques, Pixar les connaît bien. Toy Story 3 et Cars 3 parlaient de transmission et d’héritage, Vice-Versa de souvenir. Coco réunit tout en un seul et même endroit, une sorte de film sommet pour les studios, la fin d’une réflexion entamée il y a de nombreuses années. Lee Unkrich fait la synthèse de 20 ans d’animation en 1H30, à travers la production la plus maîtrisée, aussi bien en termes de sujets abordés, que de rythme ou de visuel. Coco n’est pas émouvant, il est terrassant. Il n’est pas beau, il est sublime. Chaque long-métrage permet à Pixar de travailler une facette de l’animation. Arlo mettait l’accent sur le photo-réalisme, Toy Story était avant tout un travail d’échelle et de textures, quand Vice-Versa permettait de bosser l’abstraction. Coco éblouit par sa lumière. Le travail sur les éclairages est ahurissant, soulignant chaque petit détail des scènes concoctées par les artistes. C’est du génie, purement et simplement.

On soulignait un peu plus haut la trop grande prévisibilité du film, mais ne vous y trompez pas : Coco vous aura. Oh que oui. Même si les scènes sont attendues, Pixar parvient à briser le spectateur et piétine ses sentiments. Impossible de retenir ses larmes à la fin de la projection. Dans ce domaine, la concurrence est inexistante. Ni Sony, ni Illumination, ni Dreamworks (excepté avec Dragons) n’arrive à la cheville du maître, seul capable de nous bouleverser régulièrement.

Pixar a encore frappé. Deux ans après le traumatisme Bing Bong (salauds), le studio nous emmène chez les morts pour nous rappeler d’apprécier les vivants. Coco devient un pilier du studio, le fruit d’une longue réflexion qui touche ici à sa fin. On ne sait pas où le studio nous emmènera par la suite, mais une chose est sûre : vous allez pleurer.

Détails

Coco afficheRéalisateur : Lee Unkrich

Casting : Gael Garcia Bernal, Benjamin Bratt, Anthony Gonzalez

Distributeur : Disney

Date de sortie : 29 novembre 2017

Budget : 200 millions $

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