Critique ciné : Hardcore Henry, de Ilya Naishuller

Hardcore Henry a tout du projet casse-gueule. Lancé suite au carton de la vidéo Bad Motherfucker pour Biting Elbows (dont vous trouverez le lien en fin d’article), le premier film du jeune Russe Ilya Naishuller est en fait un film qui tourne autour d’une seule idée, tout comme la vidéo Bad Motherfucker : la vue subjecive. Si regarder un film-FPS peut sembler séduisant sur un clip de 3 minutes, difficile de ne pas être méfiant lorsque Timur Bekmambetov annonce produire le même concept appliqué à un film de 90 minutes. Enfin, ça c’est ce que pensaient les sceptiques. A titre personnel, en tant que joueur ET grand amateur du travail de l’ami Timur, j’étais plutôt emballé. Et je dois vous dire que le film est parfaitement à la hauteur de mes espérances !

Résumé du film (pris sur le site de Metropolitan)

Vous ne vous souvenez de rien.

Votre femme vient de vous ramener à la vie. Elle vous apprend votre nom : Henry.

Cinq minutes plus tard, vous êtes la cible d’une armée de mercenaires menée par un puissant chef militaire en quête de domination du monde. Vous parvenez à vous échapper mais votre femme se fait kidnapper. Vous voilà perdu dans un Moscou hostile. Ici tout le monde semble vouloir votre mort. Vous ne pouvez compter sur personne. Sauf peut-être sur le mystérieux Jimmy. Pouvez-vous lui faire confiance ? Arriverez-vous à survivre à ce chaos, sauver votre femme et à faire la lumière sur votre véritable identité ?

Ce que je pense de Hardcore Henry

Ce résumé est con. Il est même très con. Devinez quoi ? Le film l’est tout autant. Il n’est pas con dans le sens où il l’est tellement que même ses spectateurs sont pris pour des cons, non non. C’est juste un réalisateur, qui a une idée et va l’exploiter jusqu’à la moelle en assouvissant ses délires les plus fous. C’est ainsi que le spectateur va se retrouver dans la peau d’un cyborg face à un mec qui pratique la lévitation dans un bordel et la scène suivante sur un toit face à une armée de clones sur fond de Queen. Fuck cohérence. On est en Russie, tout est permis. Bizarrement, ici, ça ne choque pas. On prend plaisir à suivre les aventures de Henry sans jamais se demander « Mais ça n’a aucun sens ! ». Parce qu’il n’en a aucun et de toute façon, il n’en a pas besoin. Le scénario, sans être aussi con qu’il n’en a l’air, n’est qu’un prétexte à un enchaînement de scènes d’action complètement tarées et de ce côté-là, Hardcore Henry en a clairement sous le capot !

Vous pensez que regarder un film complet en vue subjective donne mal au crâne ? Vous avez raison. Partiellement. Le film donne effectivement mal au crâne mais c’est plus à mettre sur le dos de la nervosité de l’action que du procédé en lui-même. En gros, vous n’aurez pas plus de migraine en regardant Hardcore Henry qu’un film du regretté Tony Scott. En revanche, ce à quoi vous ne vous attendez pas, c’est à l’inventivité folle de ces scènes. Ilya Naishuller ose tout et n’importe quoi dans un joyeux bordel ultra violent et sanguinolent, sans jamais renier la part de mauvais goût propre aux réalisateurs russes les plus en vogue. En regardant Hardcore Henry, vous aurez la réponse à une question qu’on s’est tous posés au moins une fois dans notre vie : peut-on tuer quelqu’un avec un nerf optique ? J’ai halluciné face à la technicité de certains passages. Visuellement, c’est fou, vraiment. Certains effets spéciaux font pitié mais dans l’ensemble, l

Comme si ça ne suffisait pas, le réalisateur s’est offert les services de Sharlto Copley, en totale roue libre ici, et une bande-son « chanmée » (on a le vocabulaire qu’on mérite). Rock, techno, cris, fureur. Le cocktail nécessaire pour ce genre de bizarreries !

Hardcore Henry était un désastre annoncé. Au final, il est l’un des films d’action les plus jouissifs et inventifs de cette année, plus à même de distribuer des pains bien douloureux que de dévoiler un scénario basique mais pas forcément dénue d’intérêt. On retiendra un réalisateur qui ne trahit jamais son idée initiale pour je ne sais quelle raison farfelue et un producteur toujours prêt à donner un peu de fric pour les concepts les plus cons. Le cinéma Russe se porte bien !

Détails

Réalisateur : Ilya Naishuller

Casting : Sharlto Copley, Haley Bennett, Danila Kozlovski, Tim Roth

Production : Metropolitan

Date de sortie : 13 avril 2016

Budget : 2 million $

Le trailer en VOST

La vidéo qui a permis la mise en place de Hardcore Henry