critique_gtp_dont-breathe

Critique ciné : Don’t Breathe, de Fede Álvarez

En 2013, l’inimaginable se produisit. Un réalisateur du nom de Fede Álvarez réalisait le remake exemplaire d’un film d’horreur intouchable : Evil Dead. Non content d’offrir sa vision percutante du classique de Sam Raimi, il dynamitait par la même occasion tous les films d’horreur de l’année. Evil Dead le remake, c’était bien, c’était beau, c’était bon.

Trois ans plus tard, le même Fede Álvarez est enfin de retour, toujours sous la houlette de Sam Raimi, avec un film original (même si c’est un bien grand mot), intitulé Don’t Breathe. Là où Evil Dead explorait le sous-genre de la possession, le nouveau film de l’Urugayen s’attaque au « home invasion », autre sous-genre bien connu des fans d’épouvante, pour le meilleur et puis c’est tout.

Résumé du film

Trois jeunes souhaitent cambrioler une maison, mais le cambriolage c’est mal. En plus, la victime est un aveugle donc c’est encore pire. Mais bon, si ce n’était que ça, il n’y aurait pas de film, n’est-ce pas ?

Ce que je pense de Don’t Breathe

Don’t Breathe n’est pas vraiment un film d’horreur. Pas dans le sens où on l’entend, comme quand on parle de Evil Dead. C’est plutôt un thriller particulièrement intense et malsain. Comme les trailers le montrent sans aucune gêne, la situation semble favorable pour nos trois cambrioleurs au début avant que la situation ne dégénère complètement pour eux. Ce n’est pas bien original, n’importe quel « home invasion » part de la même manière. Un ou plusieurs assaillants, une victime qui semble en mauvaise posture et une astuce qui permet à la victime de prendre le dessus à un moment X.

Don’t Breathe est l’occasion pour Fede Alvarez d’apposer sa patte si particulière à un genre très codifié. On l’avait déjà constaté dans le remake d’Evil Dead, Alvarez aime aller au bout des choses. Il ne s’arrête pas en chemin. Les films d’horreur sont déjà gores ? Relevons le niveau. Résultat, Evil Dead accumulait les litres d’hémoglobine à ne plus savoir qu’en faire. Comment cette logique fonctionne dans Don’t Breathe ? En allant plus loin dans le malsain. Oui, le film réserve quelques surprises bien sympathiques qui n’auront pas de mal à faire tourner de l’œil quelques spectateurs.

C’est aussi un moyen pour le réalisateur de montrer tout son savoir-faire en matière de mise en scène. Evil Dead était beau, Don’t Breathe est magnifique. Vraiment. La mise en scène est absolument parfaite. La lumière est belle, les plans millimétrés, chaque détail a son importance. Mention spéciale à la « visite » de la maison en un seul plan séquence intelligent et bien foutu. Il redouble d’efforts pour offrir quelques passages ultra tendus, notamment tout le passage dans le noir. C’est juste sublime. Pas sublime comme It Follows et ses longs plans fixes. Don’t Breathe est nerveux, stressant. Mais sublime par ses choix esthétiques, des choix appuyés par une bande-son dantesque. Ce ne sont pas juste les musiques qui font le travail, mais aussi les différents sons produits par les objets, les matières. La musique ne sert pas juste à appuyer des moments de stress et elle n’indique pas quand il faut avoir peur. Et en 2016, ça fait extrêmement plaisir de pouvoir le souligner.

Fede Alvarez est définitivement un nom à surveiller. En deux films, il parvient à secouer deux pans du cinéma d’horreur, de la plus belle manière qui soit. En l’absence de concurrents sérieux (ne me sortez pas les réalisateurs de It Follows et The Witch), le réalisateur Urugayen règne sans partage sur le genre.

Détails

Réalisateur : Fede Álvarez

Casting : Jane Levy, Stephen Lang, Dylan Minnette, Daniel Zovatto

Production : Sony

Date de sortie : 5 octobre 2016

Budget : 10 millions $

Liens utiles

Le trailer en VOST

Plus d'articles
Critique de The Predator (Shane Black, 2018)
The Predator (2018), la critique : des tripes et du coeur