{literal}{/literal}

Critique ciné : Captain America – Civil War, des frères Russo

2016 est l’année des face-à-face. Batman vs Superman, Captain America vs Iron Man, les deux géants que sont Disney/Marvel et Warner/DC ont choisi de se tirer la bourre à quelques semaines d’intervalle à coups de blockbusters qui tachent et de marketing qui pique. Si Batman v Superman avait pour principal argument d’opposer deux gros monstres pour le plaisir des fans, Captain America caresse les fans des comics dans le sens du poil en adaptant l’un des events les plus connus et populaires de l’histoire de Marvel papier : Civil War. Civil War, c’est une série principale et des dizaines de numéros complémentaires qui font intervenir un nombre inquantifiable de super-héros et super-vilains. Sauf que Marvel tente cette année de réduire Civil War à une simple pugilat de rue (ou d’aéroport) entre 4 personnages et demi. Bizarrement, ça ne marche pas.

New-York, Washington, Sokovie, autant de lieux qui se sont retrouvés dévastés suite au passage des Avengers. Il ne fallait pas plus qu’un bref rappel via une VHS pour lancer l’intrigue des Accords de Sokovie, qui n’obligent non pas les super-héros à se démasquer mais les contraignent à se plier aux règles du gouvernement. Résultat, Tony Stark est pour, Steve Rogers est contre, chacun choisit ses équipiers et le match peut être lancé.

On aurait pu croire que les Accords seraient centraux dans Civil War, mais non. Ils ne servent que d’étincelle pour un conflit que l’on sentait naître depuis quelques films. Le vrai centre de Civil War, c’est Bucky. James Barnes. Le Winter Soldier si vous préférez. Il traîne son intrigue depuis le premier Captain America et c’est Civil War qui clot ce pan de l’histoire de Marvel. Tout le monde gravite autour de Bucky et de ses conneries : Stark et sa bande veulent l’arrêter tandis que le Cap’ passe son temps à le materner. Très autonome ce Bucky. Il permet aussi d’introduire un nouveau méchant, Zimo, que l’on oubliera bien vite tant sa présence relève plus du pousse-intrigue que de l’indispensable antagoniste.

Bref, inutile de parler plus longtemps du scénario, le film ne raconte rien. Il cherche juste un prétexte pour opposer tous ses personnages dans une scène trop longue et trop Marvelol pour être intense. On se tape sur le coin du nez en balançant des vannes, on balance des trouvailles en oubliant de bien monter une scène d’action, les coups n’ont aucun impact et on s’emmerde. On s’emmerde même beaucoup, surtout en dehors des scènes d’action. Trop d’interactions inutiles entre trop de personnages, tout semble bâclé. Le summum reste l’introduction de Black Panther, qui est à la fois présenté en civil, en orphelin et en super-héros en deux apparitions éclair.

Pour le reste, Civil War réunit tous les ingrédients qui font d’un Marvel un Avengers, un mauvais Avengers même : un méchant raté, des conséquences inexistantes, une situation qui évolue peu, aucune prise de risques, une OST dont on ne retient aucun morceau, l’introduction rapide de personnages dans un roster déjà bien chargé et une mise en scène difficilement lisible. Le montage des scènes d’action est tellement haché qu’elles en deviennent désagréables à regarder, notamment les combats de Black Widow. Mais comme c’est le cas depuis 10 films, on s’en fout un peu, non ?

Il y a quand même quelques points fort. Pas beaucoup, mais il y en a : Spider-Man et Ant-Man, entre autres. Limite, s’ils avaient pu retirer un peu de temps d’écran à Stark ou Rogers ou même complètement zapper Hawkeye et la Sorcière Rouge pour en donner un peu plus au nouveau tisseur, le film aurait gagné un point. Le nouveau Parker est blagueur, jeune, et son costume est top. Vivement son film solo ! Quant à Ant-Man, il bénéficie toujours de la déconne made in Paul Rudd, efficace et bienvenue ici.

Civil War est un Avengers 2.5 plutôt foireux, dénué de personnalité, incapable d’introduire correctement des nouveautés et de conclure des arc de manière intéressante. Le film se termine comme il a commencé, dans la paresse et les CGI.

P.S : La fin est…pas possible. C’est juste impossible d’avoir raté la fin à ce point.

Plus d'articles
CRITIQUE // Star Wars – Les derniers Jedi, de Rian Johnson