Captain Marvel, critique
©Disney / Marvel

Captain Marvel, critique

Time to glow up.

Pendant longtemps sujet à de vives critiques pour des questions de diversité, Marvel a fini par passer la seconde. Après un premier pas permis par un Black Panther plutôt réjouissant (aussi bien à l’écran que devant), la firme s’est penchée sur la question de la représentation féminine dans le genre super-héroïque. Paradoxalement, ce n’est pas la Veuve Noire qui aura droit à son long-métrage en première (malgré son ancienneté), mais Captain Marvel, encore inconnue dans l’univers partagé instauré en 2008. Au vu du retard accumulé, le chantier était de taille. Heureusement, Marvel n’est pas du genre à faire dans la finesse !

Il devient compliqué d’aborder une origin story sans paraître ennuyeux ou juste redondant. Tous les super-héros y sont passés, plus ou moins de la même manière. Un coup, c’est la mort des parents. Un autre, une erreur scientifique. La même rengaine, en permanence. Captain Marvel propose peu ou prou le même cocktail. On y découvre la naissance des pouvoirs de Vers, une Kree pas comme les autres, troublée par des souvenirs qui semblent lui appartenir sans en être consciente. Là où ce film se détache du reste des origin stories, c’est dans sa capacité à s’imprégner du climat ambiant. On gloussait doucement quand Marvel parlait de féminisme, que Brie Larson évoquait le plus grand film féministe de tous les temps. Il se pourrait que ce soit vrai, en termes d’ampleur et de budget, parce que le long-métrage n’y va pas avec le dos de la cuillère.

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Brie Larson et son crew Kree ©Disney / Marvel

Plus qu’un film de super-héros basique, Captain Marvel est le récit d’une montée en puissance, celui d’une femme qui se détache de son environnement pour -littéralement- briller. Ce n’est jamais subtil, et par conséquent, ça fonctionne tout le temps. Difficile de ne pas exulter face à la transformation du personnage et ses quelques démonstrations de puissance, face à des personnages masculins soit surpris, soit totalement dépassés. Il y a là de quoi ranger Wonder Woman au placard, tant l’héroïne de DC paraît peu impactante en comparaison. Là où le personnage de Gal Gadot criait au pouvoir de l’amour, c’est la colère qui anime celui de Brie Larson, cette hargne accumulée après des années et des années à supporter les excès de l’égo masculin. On saluera d’ailleurs la prestation de l’actrice, expressive et parfaitement convaincante dans le costume de l’héroïne.

C’est tout cet aspect « girl power » qui fait de Captain Marvel un film de super-héros à part et enthousiasmant. Marvel semble avoir compris les critiques et adapte à merveille sa formule à des problématiques importantes. Les défauts n’en sont que minimisés. On est toujours face à une débauche d’effets spéciaux, le mélange humour / action en gênera certains et le déroulement n’a rien de très original. Certes. Mais jamais la forme ne prend le pas sur le fond, aussi peu finaud soit-il. Jamais l’humour ne vient effacer les enjeux. Et surtout, jamais l’esprit Captain Marvel et la volonté féministe ne sont trahis. C’est déjà une bien belle victoire.

Sans jamais réinventer la formule, Marvel parvient à donner à ce Captain Marvel une saveur folle. Celle de la revanche, de la grogne, qui n'attend qu'une étincelle pour exploser. Anna Boden et Ryan Fleck n'ont peut-être pas signé le plus grand film féministe qui soit, mais en tout cas, c'est un très beau premier jet !
On l'aime pour...
Même si...
3.5

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