Ant-Man et la Guêpe (Peyton Reed, 2018), couverture

Ant-Man et la Guêpe (Peyton Reed, 2018) : la critique

Plus on avance dans la chronologie Marvel Studios, plus la classification de leurs productions semble aisée. Il y a tout d’abord les très gros films majeurs, censés marquer de véritables tournants dans la progression de la toile globale. Récemment, nous avons eu droit à Avengers – Infinity War, qui succédait à Captain America – Civil War et aux deux autres Avengers. Ce sont des films de « réunion ». Viennent ensuite les films majeurs, qui apportent chacun leur pierre à l’édifice général tout en se concentrant sur un personnage ou deux en particulier. La plupart des films solos des héros principaux en font partie, comme Black Panther ou Thor Ragnarok. Pour finir, il y a les films mineurs, comme Spider-Man Homecoming ou le premier Ant-Man. Quand on parle de mineurs ou majeurs, il ne s’agit pas de qualité, loin de là, juste de l’échelle et de l’importance du film au coeur du panorama Marvel Studios. Tout comme son aîné, Ant-Man et la Guêpe fait clairement partie de cette catégorie. Pour son propre bien ?

Bande-annonce en VOST

La critique de Ant-Man et la Guêpe, par Alexandre

Affirmer que le premier Ant-Man était dénué d’ambition est un euphémisme. Récupéré in extremis par un Peyton Reed impeccable dans son rôle de « yes man » (c’est drôle parce qu’il a réalisé le film Yes Man avec Jim Carrey), l’origin story du plus petit des super-héros montrait un potentiel certain pour la déconne tout en ayant du mal à panser les blessures d’une production catastrophique. Deux réalisateurs pour un seul et même film, ça fait rarement bon ménage et à la créativité d’Edgar Wright sont venues se heurter les contraintes de Marvel, et par extension de Peyton Reed. Néanmoins, le bonhomme a eu du flair lorsqu’il a décidé de revenir derrière la caméra pour filmer la suite des aventures de l’Homme Fourmi puisque ce Ant-Man et la Guêpe est tout ce que le premier était, en bien plus sympa.

Ou plutôt équilibré. Sympa, le premier l’était, assurément. C’était bidon, vain, anecdotique, mais fun et relativement divertissant. Cette suite offre exactement le même cocktail tout en gommant les défauts majeurs du premier, à commencer par son rythme en dents de scie. Ant-Man avait du mal à faire durer le plaisir. Si les vannes s’enchaînaient correctement, le film passait par de longs temps morts, impliquant notamment le Yellow Jacket. Il est ici remplacé par Walton Goggins, qui, s’il n’a clairement pas le rôle du siècle, a le mérite d’avoir une bouille qui attire la sympathie. Toujours cabotin, l’acteur campe un méchant pathétique qui ne vampirise pas l’attention comme son prédécesseur.

Qui plus est, débarrassée de la lourde tâche d’expliquer tout ce qui a mené Scott Lang à devenir Ant-Man, cette suite peut se concentrer sur le reste, comme les jeux d’échelles par exemple. Le film s’amuse habilement des pouvoirs du super-héros. On pense notamment à toute la scène dans l’école, parfaitement calibrée pour un Paul Rudd en forme. Mais pas autant que sa partenaire Hope, toujours interprétée par Evangeline Lilly. Elle s’accapare une bonne partie de l’intrigue, ce qui lui évite de s’essouffler. On évite ainsi les grosses baisses de régime du premier en multipliant les personnages et les points de vue. Classique, mais efficace.

Pourtant, comme dans tout bon Marvel qui se respecte (à l’exception de Infinity War, non mais oh !), le tableau est loin d’être rose. Toute l’intrigue du fantôme ne passionne guère, tout comme la quête maternelle de la Guêpe. Sérieusement, tous les Marvel vont tourner autour de la recherche du parent disparu ? Les Gardiens de la Galaxie 2 le faisait déjà, et on a vu ce que ça a donné. Rebelote ici. Si cette partie a l’avantage de donner des séquences visuellement intéressantes, il faut bien avouer qu’on s’en tamponne un peu et que ce sont surtout les blagues débiles qui maintiennent l’intérêt. Ant-Man et la Guêpe n’en manque pas, heureusement ! Enfin, on ne sait pas s’il faut le souligner, mais il n’y a absolument rien dans la réalisation. Même pas un petit plan séquence académique, un angle couillu ou le moindre travelling audacieux. Que dalle. C’est du pur Marvel de bas étage, formaté pour divertir sans se fouler. Et ça marche. Pauvres de nous.

Toujours aussi léger dans ses ambitions, Ant-Man et la Guêpe a tout de même l’excellente idée d’accentuer les qualités du premier tout en minimisant ses défauts. La plupart des blagues fonctionnent, Hope envoie du lourd et le rythme sait se tenir sans ennuyer le public. Malheureusement, tant qu’il ne sera pas débarrassé de l’héritage Pym, Ant-Man aura du mal à révéler son plein potentiel. Peut-être pour un troisième épisode, qui sait ?

Curieux de savoir ce qu’on a pensé d’autres films Marvel ?

Chez Good Taste Police, on essaie de ne rater aucun film de super-héros, surtout quand il s’agit de Marvel et leur univers de mastodontes. Si vous avez envie de savoir ce qu’on a pensé de leurs précédentes réalisations, on vous invite à consulter les critiques de Thor Ragnarok, Black Panther, Spider-Man Homecoming, Avengers – Infinity War, Captain America – Civil War ou encore Les Gardiens de la Galaxie 2.

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