Covid-19 : et si on redécouvrait Problemos ?

Avec l’épidémie de coronavirus qui sévit actuellement dans le monde entier, une vanne revient régulièrement dans l’inconscient collectif : Le monde ne serait-il pas devenu comme dans le film Contagion  ? Il est vrai que le traitement glacial d’une pandémie spectaculaire que Steven Soderbergh propose peut nous traverser l’esprit suite à ce qui arrive actuellement. Néanmoins, car il est toujours bon de rire, pourquoi ne pas se projeter vers l’avenir imaginé par Éric Judor ? Retour sur le film culte Problemos, sorti il y a près de trois ans dans nos salles.

Désolé de vous l’annoncer ainsi mais l’avenir de l’humanité après une épidémie n’est pas belle à voir selon l’oeil de Judor. Problemos commence d’abord par la confrontation entre deux citadins et leur fille incrustés chez un groupe de zadistes. Un choc des cultures qui amuse tant puisque le cinéaste se montre impitoyablement absurde dans la vision de ces mondes différents. L’un est replié dans sa consommation (avec une obsession pour les outils numériques) et l’autre vit en marge d’une société qu’elle considère comme babylonnienne (impossible de ne pas repenser à ce morceau du Palmashow, d’ailleurs). L’humour du film n’épargne personne mais tombe jamais dans la moquerie, il fonctionne simplement par un échange de regards complètement opposé qui amuse par sa réactivité permanente. Puis, au bout de vingt minutes, les masques tombent. Une pandémie a décimée l’humanité et ces deux camps sont désormais les seuls à bâtir un Nouveau Monde. Prises de pouvoir multiples, guerre des clans, pulsions les plus basses qui ressurgissent chez certains : pas sûr que le monde soit finalement sauvé…

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Misanthrope dans le fond, le film est pourtant un festival de gags et de punchlines hilarantes comme on en a rarement vu/entendu dans la comédie française. Réalisé avec peu de moyens, Problemos est pourtant une œuvre qui sonde avec brio notre société contemporaine. En offrant en plus de cela un casting cinq étoiles de la comédie française montante (Blanche Gardin mais aussi Youssef Hadji, Marc Fraise ou bien Bun Hay Mean), le film s’investit pleinement à dépeindre l’humanité sous ses traits les plus gros mais avec des interprétations si folles rendant ces clichés particulièrement authentiques.

N’ayant pas marché à sa sortie, il serait peut-être temps de rire et de redécouvrir cette perle acide du cinéma français !

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