Countdown, la critique

Et si une application peut vous indiquer le temps qu’il vous reste à vivre ? Avant de se dire “Oh la la, le monde est trop devenu Black Mirror”, détendez-vous, cette application s’avère inoffensive. Sans “dec” ? C’est justement le contraire car elle est imaginée naïvement par Justin Dec. Celui qui avait seulement réalisé un court-métrage “bateau” pour la franchise Cars tente de faire un grand écart en se cassant la figure avec ce film d’horreur aussi effrayant qu’un épisode de Peppa Pig.

Countdown est un film qui aurait pu, aurait dû, être autre chose. Car le film d’épouvante a souvent été l’un des vecteurs pour le cinéma populaire à représenter son époque. Il faut voir comment Blumhouse synthétise aujourd’hui des enjeux politiques et populaires pour séduire un très large public. Countdown, produit pourtant par la boîte indépendante prometteuse S.T.X, aurait fait des étincelles si c’était sous la production de Jason Blum. Focalisé sur un outil important des années 2010, le smartphone, on espère se voir offrir un tour de montagnes russes amusant bourré d’adrénaline et d’ironie pop. Malheureusement, ce n’est pas en invoquant de l’électro fadasse tout en citant Game of Thrones que le film réussira à parler à son jeune public.

En exploitant les peurs ordinaires et fantastiques de manière aussi légère (…), Countdown illustre toute sa bêtise.

Cette audience est d’ailleurs prise pour un imbécile. Ce n’est pas l’application qui risque de tuer mais bien l’ennui massif d’un film durant pourtant une heure et demie. L’horreur n’existe pas dans Countdown. Il y a des morts, certes, mais cette violence atroce est édulcorée à son maximum pour que personne dans le public ne s’en rende compte de son existence. A la place, un festival de jumpscares aussi vain que prévisible qui n’a que faire de la cohérence scénaristique de son concept. Il préfère s’attarder sur son agression sonore pour avoir au final beaucoup de bruit pour un rien. Pire, il tente de s’insérer opportunément dans son temps en plaçant inutilement une sous-intrigue à l’ère #MeToo sans jamais considérer une seule seconde la gravité du sujet, juste prétexte à quelques sursauts et à amener son héroïne d’un point A à un point B. En exploitant les peurs ordinaires et fantastiques de manière aussi légère, jusqu’à une scène post-générique inutile et misant son humour sur la mort d’un personnage secondaire, Countdown présente toute sa bêtise.

En fait, il faut voir ce film comme le gif tiré de la série 30 Rock. Mais si ! Celui avec Steve Buscemi, casquette à l’envers et skateboard en main s’adressant à des lycéens. La tragédie de Countdown est que le film est si persuadé d’avoir compris ce que vivent les jeunes qu’il bug en plein cours de sa démarche. A désinstaller des salles au plus vite...
0.5
Idiot
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