CinéComédies #2 – Quand la comédie rime avec nostalgie

Du 02 au 05 octobre, Lille est devenu la capitale du rire à l’occasion de la seconde édition de CinéComédies. Célébrant la comédie populaire du passé, ce festival a fêté en folie les classiques avec de nombreux invités. Victor y était et nous raconte tout ça !

La vérité si je mens! – Les Débuts : De faibles retrouvailles

Est-ce que l’on aurait pas trouvé notre Ready Player One français ? Derrière cette question comparative assez exagérée, il faut le reconnaître, se tient pourtant un fait évident : Dès son ouverture, CinéComédie capitalise sur la nostalgie du public. L’envie de retrouver ses héros du passés, une époque n’existant uniquement que dans un ordre référentiel. La soirée d’ouverture, en fanfare dans le hall de l’UGC Ciné Cité de Lille, a présentée aux spectateurs lillois le préquel de La Vérité Si Je Mens ! en avant-première. Cette présentation par l’équipe du film ; les deux réalisateurs Gérard Bitton et Michel Munz, le vétéran Gilbert Melki et les nouvelles têtes Mickael Lumière, Anton Csaszar, Yohan Manca et Jeremy Lewin ; illustre le mot d’ordre du festival : implanter avec douceur le passé à notre époque et ainsi faire découvrir les classiques à une nouvelle génération. Malheureusement, de cette intention noble, il est dommage qu’elle se présente avec un film terriblement poussif.

Car on ne va pas se mentir, La Vérité Si Je mens ! – Les débuts pêche par un manque considérable d’enjeu. Si ce film nous présente une bande de jeunes acteurs prometteurs et spontanés, surtout dans le cas d’Anton Csaszar et Yohan Manca qui sont impeccables pour reprendre les traits de José Garcia et Gilbert Melki, il épuise toutes ses cartes en dix minutes (sur une durée d’1h50) pour ramer ensuite. Références forcées aux années 80 (allant même jusqu’à convoquer Splash de Ron Howard!), humour gras provoquant vite le malaise lorsqu’il transforme le personnage de Serge en punching-ball, quiproquos interminables : on s’ennuie ferme devant ces poncifs de la comédie française populaire, non représentatifs du festival qui sait mieux manier cette nostalgie auprès des spectateurs.

Hommage à Gérard Oury

Beaucoup de personnalités célèbres furent félicités à ce festival. Michel Blanc était l’invité d’honneur, Bertrand Blier a aussi été célébré et a présenté une Masterclass entre les projections restaurées de Buffet froid et Calmos. Nous, on a pu assister à la célébration d’une légende du cinéma populaire français : Gérard Oury.

Auteur d’un nombre incalculable de succès, souvent avec Louis De Funès et Jean-Paul Belmondo, son Oeuvre avec un grand « o » a fait l’objet d’un hommage pour le centième anniversaire du cinéaste. Tout d’abord, en souhaitant faire découvrir aux inconditionnels et aux novices dans un cadre muséal. Au Palais Rihour étaient exposés des affiches et objets de valeurs concernant les plus grands succès du réalisateur. Vous pouvez par exemple y voir une affiche japonaise pour Les Aventures de Rabbi Jacob, on est sympas, on l’a prise en photo pour vous !

Affiche japonaise de Rabbi Jacob

Mais c’est lors du samedi 05 octobre que les plus jeunes spectateurs ont pu découvrir deux de ses films les plus connus : La Grande Vadrouille et La Folie des Grandeurs. Le tout présenté par sa fille scénariste et réalisatrice : Danièle Thompson. C’est lors de la séance de La Folie des Grandeurs qu’on a pu déceler l’essence et la réussite de ce festival : faire une salle pleine à craquer pour entendre petits et grands rire haut et fort devant les pitreries de Louis De Funès et la nonchalance d’Yves Montand.

Le pari est réussi pour CinéComédies : une incarnation même de l’esprit populaire des films qu’elle célèbre. Accessible à tout public, gratuit qui plus est, son hommage à la comédie est transmis au public avec brio.

Plus d'articles
Couverture de Climax (Gaspar Noé, 2018)
ETRANGE x GTP : Climax (2018), notre critique