le jeune ahmed critique
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CANNES x GTP : Le Jeune Ahmed, critique

Comme à leur habitude, les frères belges les plus engagés pour dépeindre l’humanité par le genre du « film social qui fait réfléchir sur notre société » reviennent sur la Croisette pour nous servir une nouvelle leçon. Avec Le Jeune Ahmed, Jean-Pierre et Luc Dardenne nous parle fanatisme religieux et adolescence. Est-ce qu’on avait besoin de deux soixantenaires blancs pour nous éduquer là-dessus ? La réponse est bien évidemment non, surtout quand on voit avec consternation ce qu’ils font d’un sujet aussi sensible.

Tout transpire la mort dans Le Jeune Ahmed. A cause des pulsions morbides, tout d’abord, qui traversent l’esprit de son personnage principal éponyme. Interné en centre après avoir tenté d’assassiner sa professeur d’arabe, cette pulsion destructrice va constamment guider le personnage. Ainsi, les réalisateurs vont suivre minutieusement la quête de ce jeune homme vers la mort en tuant ainsi tout l’espoir qui se glissait dans leur cinéma. Si les derniers dialogues témoignent de fines lueurs d’espoirs, le parcours de ce jeune qui bénéficie pourtant de toute l’aide possible pour s’en sortir (rééducation dans un centre et une ferme) retourne toujours à la case départ. On devient très vite gêné devant ce parcours sentencieux qui semble rendre fatidique le chemin de son héros. Sans jamais prendre position, on se pose vraiment une question sur la nécessité des frères Dardenne à nous parler de ce sujet.

Mais ce qui est mort surtout est le cinéma des deux frères. On se souvient du solaire Deux jours, une nuit qui emmenait Marion Cotillard dans toutes les classes sociales pour s’en sortir, c’était un travail alors minutieux et réfléchi. Ici, ils ne nous apprennent rien de nouveau sur le sujet qu’ils traitent et se contentent de livrer une copie de leur style. Dès son générique silencieux, on voit déjà venir les longs plans séquences filmés caméra à l’épaule et les débats pour se donner ici un semblant de neutralité. On suit cela sans attache, et ce n’est pas en rendant un personnage aussi peu attachant dans son ton que l’on finira par se laisser convaincre.

On ne comprend pas ce qui est arrivé aux frères Dardenne. Au bout d'un moment, peut-être qu'ils sont devenus victimes de leur succès cannois et ont pensés que le style primait sur le sujet. Mais pour un cinéma qui se veut aussi proche du réel, il est dommage que les frères Dardenne voient le monde de manière si floue.
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Bande-annonce

Détails

le jeune ahmed cannes
Date de sortie
22 mai 2019
Réalisateurs
Luc et Jean-Pierre Dardenne
Casting
Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou
Distributeur
Diaphana Distribution
Notre score
1
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