Alex Winter et Keanu Reeves

Bill & Ted : Party on, dudes !

Keanu Reeves et la pop-culture, ce lien indissociable ramène à deux franchises célébrées dans le monde entier : Matrix, qui s’apprête à faire son retour avec un quatrième volet réalisé par les soeurs Wachowski, et le rôle de John Wick qui reviendra casser des tronches pour deux prochains volets. Mais ce ne sont pas les seules franchises où Keanu a brillé par son talent. Avec Alex Winter, ils ont formé le duo de Bill & Ted qui célèbre son retour pour un troisième volet après trente ans d’absence. On vous raconte aujourd’hui en quoi ce duo apportera sur trois films un coming-of-age étonnant et culte !

À la base, on était juste censé parler l’histoire de deux adolescents demeurés qui voyageaient dans le temps pour ramener des figures historiques importantes à leur époque pour réussir un exposé. Mais au final, l’esprit de L’Excellente Aventure de Bill & Ted investissait déjà les bureaux de la production. Deux étudiants californiens, Chris Matheson (qui écrira plus tard Dingo & Max) et Ed Solomon (qui nous signera des oeuvres cultes comme Super Mario Bros et Men In Black des années après) ont comme projet d’écrire un film inspiré de sketchs qu’ils avaient réalisé au lycée, à l’âge de nos deux protagonistes éponymes. Le réalisateur Stephen Herek qui s’était fait connaître avec Critters, sorte de Gremlins en plus sanguinolent, était emballé par le scénario qu’il trouva extrêmement drôle mais pour cause d’un humour spécifique, risquait de provoquer soit un hit, soit un flop au box-office. Pour un budget de 10 millions de dollars, le film en rapporta quatre fois plus sur le sol américain. La success-story de Bill & Ted au cinéma va de pair avec ce qui est raconté dans le film.

Incarnés par Keanu Reeves et Alex Winter, Bill et Ted sont deux adolescents auxquels personne ne veut croire. Tels des Beavis et Butt-heads en plus bienveillants, ils passent leurs journées à écouter et composer de la musique rock dans l’espoir de percer un jour. Mais leur amitié risque de disparaître car l’un d’eux risque d’être envoyé en école militaire si ses résultats scolaires ne remontent pas. Un fait que le futur ne peut pas se permettre de laisser passer puisque selon un messager venu du futur (Rufus, joué par l’humoriste George Carlin), Bill et Ted sont ceux qui vont unir le monde et le rendre meilleur grâce à leur philosophie. Ce prophète les force alors à réussir leur exposé en leur proposant de voyager dans le temps pour rencontrer des figures historiques tels que Genghis Khan ou bien Napoléon. Si ce scénario vous semble déjà délirant, dites-vous qu’on était censé avoir Adolf Hitler qui débarque en Californie… Non seulement le film paraît très ludique à nous balader, dans de très amusantes reconstitutions de différentes époques mais surtout, il étincelle par la philosophie contagieuse de ses deux héros. Un regard simple, naïf, qui prône la bienveillance et annihile tout regard hautain. Comme l’équipe du film a combattu les méfiances permanentes des producteurs, Bill et Ted défient l’institution en restant simplement eux-même. Le point culminant étant la scène-clé de leur exposé, véritable show qui ramènera ces légendes de l’Histoire au même niveau que deux adolescents piaffant de rire en entendant le nombre 69. On pourrait presque dire que Bill & Ted est la licence la plus insouciante du coming-of-age movie.

Sa suite baptisée Les Folles Aventures de Bill & Ted, sortie deux ans après le succès du premier volet, poursuivra cette légère découverte de la vie par nos deux héros. Après les institutions, les deux zigotos vont affronter quelque chose de plus grave : LA MORT. Dans ce qui se trouve étonnamment être une parodie du Septième Sceau de Bergman (là encore, on peut y voir une réflexion méta où la naïveté pop peut fréquenter harmonieusement l’art-et-essai), le duo va affronter une Faucheuse joueuse (incarné par l’hilarant William Sadler) dans de nombreux jeux de sociétés avec comme récompense, la résurrection. L’hédonisme de Bill & Ted, défiant toute gravité, les rendra instantanément culte. Et près de trente ans après le second volet, une suite débarque pour voir ce qu’il en est de leur philosophie.

Brigette Lundy-Paine, Kid Cudi et Samara Weaving dans Bill & Ted Face The Music

Bill & Ted Face The Music va s’inscrire dans la continuité des blockbusters cultes des 80’s/90’s ressuscités par Hollywood  le temps d’un film. Comme il a toujours été question d’héritage générationnel dans la licence (ainsi que chez les studios, dorénavant), ce troisième volet va aller un cran au-dessus. Si Bill et Ted n’ont toujours pas changés, leur carrière de rock-star a sacrément pris un coup. Toujours dans l’espoir de signer LA chanson qui unira le monde, ils se doivent de se dépêcher de la composer avant que cela ne soit trop tard. C’est alors que deux nouveaux personnages entrent en jeu : les propres filles de Bill & Ted (jouées par Samara Weaving et Brigette Lundy-Paine) , chacune âgée de 24 ans et qui sont au même stade que leurs pères à cet âge-là, pour les aider dans leur mission. Le résultat fera que le mode de vie de nos deux héros sera transmise à une nouvelle génération qui perpétuera la pensée du Be Excellent To Each Other.

Il faut concevoir Bill & Ted non seulement comme une comédie de science-fiction délirante, mais aussi un récit d’initiation qui permettra naïvement d’affronter les obstacles de la vie avec humour au fil des années. Il serait enfin temps que le public français rencontre ENFIN Bill et Ted. Et n’oubliez pas : Party on, dudes !

La caméra stylo à Hollywood : une étude en quatre blockbusters
Un dossier réalisé par Amaury Foucart