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1917, la critique

C’est une course contre la montre en pleine première Guerre Mondiale : deux jeunes soldats doivent remettre une lettre afin d’empêcher un massacre pour l’armée britannique. C’est l’enjeu narratif du nouveau film de Sam Mendes, dissimulé par une esbroufe technique indigeste.

Le milieu de la décennie 2010 a inscrit une nouvelle tendance chez une forme de cinéma d’auteur : la course à la technique spectaculaire. Champion en tête, Alejandro Gonzales Innaritu qui enchaîna un faux plan-séquence dans les rues de Broadway en 2015 avec Birdman et DiCaprio qui se bat contre un ours en 2016. D’autres s’y sont essayé aussi comme le médiocre Victoria de Sebastian Schipper. Cette tendance se poursuit aujourd’hui avec Sam Mendes et semble toujours séduire en raison des Golden Globes remportées. Encore une fois, la prouesse qu’il tente d’établir fait face au même problème qui traîne depuis toujours : l’absence d’empathie au profit d’une grandiloquence exacerbée.

Inspiré des histoires racontées par son grand-père, combattant lors de cette guerre, Mendes n’a qu’un seul but, celui de plonger au coeur de l’un des conflits les plus meurtriers de l’Histoire. Cette immersion se fait en deux temps : le premier, complètement visible, est la présence d’une caméra suivant coûte que coûte les évènements. Magie du cinéma oblige, une accumulation de séquences montée à l’ordinateur va tenter de faire illusion et faire croire à une situation en temps réel pour plus de réalisme. Difficile d’y croire réellement. Bourré de travellings, la caméra suiveuse donne l’amère impression que la Guerre est transformée en une attraction du Futuroscope en 4Dx. Il ne manquerait plus que les gouttes d’eaux et les fumées pour pousser le délire de l’attraction plus loin…

Pire, cette spectacularisation insensée efface tout potentiel de nuance et d’empathie. On apprend vite fait des informations sur nos héros mais peu importe, ce qui compte pour Mendes est de les faire morfler tels des avatars de jeux-vidéos. Car c’est que devient 1917 au final, une succession de niveaux plus coriaces que jamais. Les héros se pointent dans un lieu, une embrouille arrive et des PNJ incarnés par les comédiens britanniques les plus célèbres (Colin Firth, Mark Strong, Benedict Cumberbatch et Richard Madden) leurs disent quoi faire. C’est comme si les héros de la nouvelle version de Jumanji s’étaient retrouvés en plein conflit. Est-ce qu’on avait envie de pensé à Jumanji pendant un film de guerre ? Pas vraiment, non.

La déception est à la hauteur de l'ambition affirmée. 1917 échoue à nous secouer par son immersion manquée. Si certaines scènes surprennent par un calme haletant (dont une mort, douloureuse à voir), le reste confirme une lassitude à voir la technique si grande qu’elle efface le cinéma.
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Game Over
Hipster passionné

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GTP soutient PULSE au NIKON FILM FESTIVAL
Court-métrage réalisé par Thomas Barbenson et Morgane Faulkner