Y a-t-il un pilote dans l’caisson ? #4 : My Little Pony

Qu’un petit culte anime la vie de My Little Pony hors de l’écran n’est guère surprenant. Qu’il soit organisé par des personnes de plus de 6 ans l’est un peu plus. Au fil des saisons, la série My Little Pony a fédéré tout une communauté de jeunes adultes, sans que le reste du monde ne comprenne pourquoi. Entre licornes et arcs-en-ciel, il est difficile de saisir le pourquoi du comment un dessin animé réservé aux enfants soulève autant les foules. Du coup, j’ai essayé, ne souhaitant pas ranger cette question dans l’armoire des choses inexpliquées de l’existence (comme l’addiction aux pâtes au gratin).

De la curiosité et un film plus loin, me voici devant le premier épisode de My Little Pony, ou plutôt les deux premiers épisodes, puisque l’introduction de la série est un dyptique. Au programme : des poneys, une méchante et…des pommes ?

Over the rainbow

Prophétie maléfique, couleurs chatoyantes, générique enchanteur : pas de doute, on est à 100% dans un dessin animé pour enfants. C’est au détour de la préparation d’une fête que nous sommes introduits aux enjeux et aux personnages de la série, en suivant la sociabilisation forcée de Twilight Sparkle. Entre la fermière Apple Jack, la pimpante Rarity et l’effacée (mais pas trop) Fluttershy, il y en a pour tous les goûts et surtout il y en a forcément une qui deviendra votre favorite. Pour le coup, je suis très #TeamPinkiePie. Immédiatement attachants, tous les personnages bénéficient d’une caractérisation simple et sont reconnaissables au premier coup d’oeil.

Sauf que tout n’est pas si rose au pays des petits poneys. Une grande méchante rôde, prête à frapper lors de la grande fête présentée dans cette introduction. Fil rouge ? Enjeu principal ? Même pas. Ce qui aurait pu être une menace grandissante d’épisode en épisode est rapidement réglé au profit de l’amitié, de la magie et du bonheur. Parce que c’est ça My Little Pony : une petite bombe de bonne humeur, à l’image du film. Si la technique n’est ici pas aussi avancée que dans le long métrage (le budget n’est clairement pas le même), on retrouve cette patte artistique chatoyante et pétillante, sans jamais être repoussante malgré l’accumulation d’éléments flashy.

Loin du mauvais goût assumé de certaines productions Cartoon Network ou Nickelodeon, My Little Pony enchaîne les moments de naïveté totale sans prendre sa cible pour des idiots. Pas d’humour facile, pas de rots, de pets et autres vannes scatos. Idéal pour les enfants en somme !

Mais alors pourquoi est-ce qu’il y a des bronies ?

Je ne sais pas. Après deux épisodes, je ne suis pas capable de répondre à cette question. Peut-être est-ce une façon d’exprimer un ras-le-bol du virilisme ambiant, un plaisir coupable perçu comme un moyen de s’exprimer autrement que par la testostérone. Peut-être la série utilise des références dans les épisodes suivants, ce qui n’explique pas pour autant pourquoi les jeunes adultes ont dépassé l’introduction. Et si c’était juste le besoin d’autre chose que de la noirceur, des intrigues compliquées et des personnages torturés ?

Conquis nous étions par le film, conquis nous sommes par la série ! Vidée de tout négativisme, habillée de ses plus belles couleurs, l’introduction de My Little Pony offre de vrais bons moments de détente et séduit sans peine en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il est évident que la série n’est pas pour tout le monde et les fans de licornes se tourneront plutôt vers celle de Blade Runner. Mais il serait malhonnête de nier les qualités évidentes de la série pour les enfants. 

Générique d’intro

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