GTP x Les Brouillons #2 : Des cons et des culs

Je n’ai pas mis très longtemps à trouver un titre à ce deuxième crossover. Non pas que seuls des gens stupides et des postérieus se bousculent dans ma tête. Disons plutôt que le programme a aidé. Il faut dire que ce 21 juin a une chance de rentrer dans l’histoire. Voir sortir le même jour Baywatch, Bad Buzz et le Manoir, c’est à la limite du cadeau divin et même si le premier GTP x Les Brouillons offraient quelques belles pépites, ce n’est rien en comparaison de ce que nous avons subi ce fameux 21 juin.

Bon, ce que vous vous apprêtez à lire n’est qu’une facette du crossover. Si vous souhaitez consulter l’autre partie, c’est-à-dire celle des Brouillons du Cinéma, je vous invite à aller lire l’article sur leur site. C’est tout aussi bien qu’ici, si ce n’est mieux. Mais il y a moins d’images.

Au menu

Une comédie américaine avec des blagues de bites et deux « comédies » (avec des guillemets grosses comme ta m…Non oubliez) françaises bien dans l’air du temps. Il y avait là un énorme potentiel de dégueulis à savourer. Vous savez, ce goût que vous avez dans la bouche quand vous avez des remontées gastriques, c’était un peu celui de ce 21 juin.

Prérequis

Comme pour la première édition, il fallait avoir plusieurs choses en tête avant de commencer cette folle journée.

  1. Accepter que Baywatch puisse se Twentyone-iser pour devenir une comédie graveleuse ultra sexualisée avec Zac Efron en crétin arrogant (comme d’hab’) ;
  2. S’équiper de grenades à « hate » envers la télévision et Youtube ;
  3. Préparer les meilleures blagues sur A Serbian Film ;
  4. Se dire que Bad Buzz et le Manoir ne peuvent pas être aussi mauvais qu’un Philippe de Chauveron ;
  5. Décider où manger.

Première séance, 10H40 : Baywatch

Ok, je l’admets, j’ai un peu été de mauvaise foi dans mon introduction. Cette journée ne s’annonçait pas SI horrible, puisque Baywatch suscitait une certaine impatience, aussi bien chez Good Taste Police que chez les Brouillons. Les trailers débiles nous avaient chauffés, les notes sur Rotten Tomatoes à peine refroidis. Pour nous : The Rock + Efron + des culs = epic win. C’est comme ça.

Force est de constater que nous avions raison. Baywatch est un pur concentré de comédie débile et régressive comme seuls les américains savent les faire. De l’introduction bourrine aux surnoms de Zac Efron en passant par les booty shots au ralenti, la beaufitude n’a jamais été aussi resplendissante cette année. Et c’est pas grave, parce qu’il n’y a que par ce côté beauf que Baywatch peut exister. L’hypersexualisation des personnages est l’essence même de la licence, que ce soit du côté masculin ou féminin. Les blagues et les situations sont drôles, les personnages joyeusement cons. Que demander de plus ?

C’est d’autant plus difficile de trouver quelque chose à redire. Il y a bien quelques passages un peu plus mous de temps à autre, mais rien de particulièrement rédhibitoire. Ah si, on peut pointer du doigt et se foutre de la gueule des effets spéciaux. Misère, que c’était moche, mais d’une force. Tout le passage sur le bateau en feu est tellement mal foutu que ça en devient risible. Est-ce capital dans une comédie ? Clairement pas, non. Tant que le reste suit (et c’est le cas), il n’y a aucune raison de ne pas être aux anges !

Bonus : on a eu droit à la plus grande salle de l’UGC de Lille pour Baywatch. Etant donné l’heure, il n’y avait personne. Juste nous, cinq jeunes beaufs prêts à en découdre avec les difficultés de la vie. Il y avait bien quelques autres badauds, mais pas de « crew » comme le nôtre.

Entracte gastronomique, 12H40

Le cinéma, ça donne faim. Comme nous étions près de République à Lille, grands gourmets que nous sommes, nous avions le choix entre des restaurants de grand standing : McDonald’s, Subway, Gur Kebab. Que de choix pour nos fines papilles.

Bref, on a choisi Subway, qui semble être le moins nocif de ces dealers de malbouffe. Pour la petite histoire, voici de quoi était composé mon sandwich (je prends le même à chaque fois) :

  • Pain Parmesan et Origan ;
  • Fromage et jambo ;
  • Salade, tomates et UN PEU d’oignons rouges ;
  • Sauce oignon doux.

Bref, c’était bien bon, je vous remercie. J’en ai profité pour glisser mes meilleures blagues sur la fin de A Serbian Film, pour dire de créer un peu de malaise. La bonne humeur constante, c’est insupportable.

Suite à cette pause gourmande, nous nous sommes dirigés vers Roubaix, où se déroulaient nos deux dernières séances. Comme nous avions du temps, nous sommes passés au Furet du Nord où j’ai fait l’acquisition du tome 2 de To Your Eternity (que je vous recommande très chaudement si vous lisez des mangas) et le premier tome de la Perfect Edition de Dragon Ball. On se refait pas !

Deuxième séance, 15H15 : Bad Buzz

Spoiler : il n’a pas fallu attendre la fin de la journée pour toucher le fond du fond…du fond. Pour vous donner une idée, j’ai vu l’avant-première de Aladin en présence de Kev Adams. J’ai aussi vu Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu et Débarquement Immédiat de Philippe de Chauveron. Pourtant, même avec un bagage de purin français aussi conséquent, j’arrive encore à être surpris par la médiocrité de la comédie française moderne.

En quelques mots, qu’est-ce que Bad Buzz ? C’est une succession de sketchs dits « borderline » pendant près de 1H20, sans la moindre idée de cinéma, sans acteurs, sans humour, mais avec une énorme dose de malaise et un sens de la provocation aussi aigu que celui d’un gosse de 3 ans qui jette son BN par terre parce qu’il voulait des Prince. Pour résumer, Eric et Quentin, deux chroniqueurs médiocres, se mettent en scène en animateurs pour enfants, victimes d’une photo détournée et à la recherche d’un bon buzz pour redorer leur image.

C’est nul. Vraiment. C’est plus que nul. C’est nauséabond, nocif, gênant, raté. Tous les mots négatifs pourraient lui aller en fait. Eric et Quentin font des blagues sur les migrants parce que c’est trop le lol les blagues sur les migrants, non ? Personne ne rit aux blagues Leonarda vous dites, vraiment ? Et voir un trisomique pisser sur un animateur alors ? Non plus ? Merde. Qu’est-ce qu’on fait alors quand une comédie n’est pas drôle ? Rien. On attend que la séance se termine, dans la gêne. Le casting est pathétique, les scènes toutes plus abracadabrantes les unes que les autres.

Comment ont-ils financé ça ? Qui s’est levé un matin et s’est dit « Tiens, j’ai envie de filer du pognon à deux tacherons aujourd’hui » ? Le mystère reste complet.

Bonus : encore une fois, salle quasiment vide. Vous remarquerez le subtil caméo de Victor des Brouillons.

Dernière séance, 17H30 : Le Manoir

Après une petite pause de quelques dizaines de minutes, nous retournions en salle pour une dernière séance. « One last time » comme dirait Baboulinet. Or, quoi de mieux pour terminer une journée merdique qu’un film basé sur quelque chose que je déteste ? Oui, je déteste Youtube. Pas la plate-forme en elle-même, puisque je découvre tous les trailers de films là-dessus. Juste son contenu me rebute. Une grande partie de son contenu en tout cas.

Je ne pouvais que me réjouir de l’arrivée d’un film dont le casting serait uniquement constitué de vedettes de Youtube du coup, vous vous doutez bien. Kemar, Natoo, Mister V, Ludovik, que des têtes que j’évite le plus possible sur Internet, sur un grand écran dans un simulacre de film d’horreur. L’idée n’était pas mauvaise en fait. Les gens de Youtube auraient pu jouer de vrais rôles. Mais non. Apparemment, c’est plus cool de leur faire jouer leur personnage habituel. C’est ainsi qu’on découvre un Manoir écrit avec le cul, où chaque ligne de dialogue enfonce un peu plus le film dans le gouffre des comédies irrécupérables.

Tony Davis n’a semble-t-il pas compris qu’il fallait une certaine forme d’unité dans l’écriture. Je vais prendre un exemple américain dans le même genre, mais en bien : Tonnerre sous les Tropiques. C’est une comédie qui réunit des acteurs issus d’horizons très différents, dans des registres on ne peut plus éloigner, qui pourtant fonctionnent à merveille dans les rôles qu’on leur a écrit. Pourquoi ? Parce que Jack Black, tout en étant vulgaire, ne joue pas Jack Black. Ben Stiller avait bien compris qu’un film du genre, c’est une poignée d’acteurs pour une écriture commune et non pas une poignée d’acteurs pour reprendre leurs vidéos habituelles avec un fil rouge dont on se fout finalement.

Le Manoir n’est qu’une collage de vidéos Youtube toutes plus mauvaises les unes que les autres, avec un enrobage attractif qui aurait pu être salvateur avec une écriture moins misérable. Là, c’est juste vain.

Bilan

Baywatch a sauvé la journée du désastre de peu. La palme du film le plus mauvais revient sans peine à Bad Buzz, titre on ne peut plus ironique lorsqu’on découvre les notes que le film se mange sur SensCritique ou dans la presse. C’était ni fait, ni à faire.

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